Devons-nous en attendre un autre ?

by 17 Déc 20192019, Avent

“ Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? ”
 
Jésus ne répond pas directement à la question des disciples de Jean, il les invite à reconnaître dans les nombreux signes qu’il accomplit et dans l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres, qu’il est effectivement le messie, le Sauveur. De même Jésus invite à regarder dans les œuvres et les paroles de Jean, plutôt que dans son apparence extérieure, la réalité de sa mission prophétique. Il peut nous arriver aussi de vouloir avoir une certitude directe de la présence de Dieu et de son œuvre en nous. Mais celle-ci ne peut se voir que dans les signes, nombreux, que Jésus nous donne. Comme les disciples de Jean, nous sommes invités, aujourd’hui, à être attentifs à ces signes. Et Jésus poursuit en ces termes : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ? » Par cette parole, le Seigneur, ne veut-il pas désigner clairement l’abjection et l’abaissement de sa mort ? C’est comme s’il disait : il est vrai que je fais des choses admirables, mais je ne refuse pas de souffrir jusqu’à la mort. Parce que ce fut une grave occasion de scandale de le voir mourir après tant de miracles. Et à ce propos, l’Apôtre Paul écrit : « Nous prêchons un Christ, scandale pour les Juifs et folie pour les païens (1Co 1, 23).
 
Ensuite, Jésus parle aux foules de Jean Baptiste. Il lui rend le plus beau témoignage qu’aucun homme n’ait jamais reçu, puisqu’il vient de Dieu lui-même. Il le désigne à notre attention et nous recommande de nous mettre à son école : école d’humilité, de sens de Dieu, d’abnégation et de joie. Selon Jésus : « Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ». Et pourtant, il est plus petit que ceux qui, après sa mort et sa résurrection, constitueront le peuple de la Nouvelle Alliance. En parlant de Jean Baptiste, Jésus porte aussi sur nous son regard. Il nous décerne, à nous aussi, un éloge qui n’est pas dû à nos mérites personnels, mais au bonheur que nous avons d’être ses disciples. Par le baptême, nous sommes entrés dans le royaume de Dieu, et cela suffit à nous rendre, si petits soyons-nous et si faible soit notre foi, plus grand que Jean Baptiste. Nous le devons, non pas à nos œuvres, mais à la miséricorde de Dieu. Car si petits soyons-nous, et pécheurs, et misérables, nous sommes grands aux yeux de Dieu du seul fait d’avoir été regardés et aimés par Jésus notre Sauveur.
 
Aujourd’hui, Jésus nous rejoint jusque dans nos prisons, dans nos infirmités, dans nos aveuglements, dans nos pauvretés. Il se révèle à nous dans ses actes, dans sa parole et par le témoignage des personnes qui nous entourent. Il nous transmet la promesse d’un Royaume au sein duquel le plus petit sera le plus grand, où nous avons chacun notre place. Et nous, quelles sont nos joies, grandes et petites ? Qu’est-ce qui suscite en nous une joie qui dure ? Alors que Noël approche, demandons au Seigneur la grâce de la joie profonde, la joie qu’il nous donne jusque dans nos prisons, nos infirmités, nos aveuglements, nous pauvretés. Le Seigneur répond aux prières et répond à qui demande. Réjouissons-nous. Amen !