Ni femme ni mari

by 10 Nov 20192019, Temps Ordinaire

Satanée machine à café ! Je voulais un cappuccino mais il n’y a plus de café et je me retrouve avec seulement du lait au fond de mon gobelet. Vous aurez beau pester, la machine ne voudra rien savoir de plus. Certes, les machines, c’est drôlement pratique : il y en a partout, c’est généralement pas trop cher et ça fait quelque chose qui ressemble à du café. Mais si vous voulez le service complet, il faudra aller dans un café où on saura prendre soin de vous.
Dans l’Église, certains pourraient se croire dans le film Tatie Danielle : « On n’est plus servi et on est à peine aidé ! »
Où sont les vocations ? Où se trouvent les prêtres ? Est-ce qu’on peut se passer d’eux ? Après tout, pourquoi entretenir cette hiérarchie misogyne ? Et pourquoi leur imposer le célibat alors qu’il pourrait y avoir plus de vocations ?
Ces questions reviennent souvent dans le débat public et ont été relancées récemment lors du Synode sur l’Amazonie. Il faut rappeler qu’il s’agit d’un synode régional durant lequel des évêques ont essayé d’imaginer comment palier au manque de prêtre dans des régions reculées.
Mgr Dominique You, qui a participé à ce synode, souligne que, dans l’idée des évêques, il s’agit bien d’ordonner prêtres des hommes déjà diacres, ayant déjà manifesté leur qualité dans le service de l’Eglise. Car, pour couper court à toutes sortes d’inepties, le sacrement de l’Ordre met bien à part des hommes, non pas pour les placer au-dessus des autres, mais pour qu’ils soient à l’image du Christ serviteur du Corps entier, Lui qui s’est donné en nourriture, a lavé les pieds des disciples et a donné sa vie pour le monde entier. En comprenant ce rôle sacerdotal, nous pouvons mieux en parler pour que chaque membre du Corps du Christ en ressente la fonction.
Non, les prêtres ne sont pas de simples machines à distribuer les sacrements. Ils sont appelés pour vous accompagner de manière personnelle, et non pas comme cette satanée machine bonne seulement à faire une action pré-programmée, sans aucune intelligence.
Est-il nécessaire que le service soit assuré partout, quitte à diminuer la qualité du service et à oublier le serviteur ?
La semaine dernière nous faisions mémoire de frères dominicains martyrs en Asie. Des missionnaires découvrirent deux siècles plus tard, que la foi avait été conservée intacte par les populations locales avec l’aide du Rosaire. En voyant arriver des prêtres, ils leur demandèrent s’ils pouvaient leur donner le « Pain du Ciel ».
En d’autres lieux, l’Église ordonne des hommes mariés prêtres. Car l’Église est capable de prendre des décisions d’exception pour répondre à des difficultés limitées dans le temps et dans l’espace. Il y a de nombreux arguments pratiques au célibat sacerdotal mais ce sont aussi les arguments scripturaires qui résonnent à nos oreilles, qui sont finalement les plus fondamentaux.
Les lectures de ce jour sont toutes orientées vers la question de la résurrection. Les sadducéens imaginent un cas mirobolant pour mettre Jésus en difficulté.
Qui pourrait parler du Ciel et de la résurrection puisque personne n’est revenu d’entre les morts ? Le seul qui peut le faire, c’est notre Seigneur, Jésus le Christ, parce qu’il est lui-même Dieu qui nous livre une connaissance que lui seul peut avoir : il n’y a ni femme ni mari au Ciel.
Et c’est pour cette raison que le célibat sacerdotal restera toujours une possibilité dans l’Église : c’est un signe eschatologique, c’est-à-dire un avant-goût de ce qui nous attend au Ciel. Et cela ne peut pas être compris par ceux qui n’ont pas la foi, c’est même, pour eux, une folie.
Le mariage n’a-t-il donc aucune valeur ? Est-il simplement une permission divine pour les plus faibles ? Au contraire, c’est le premier commandement qui fut donné à l’humanité. Chaque vocation manifeste diversement la finalité de la création de l’humanité. Ce n’est pas en les confondant que nous augmenterons nos chances de devenir saints.
Veillons à ne pas être pris par l’esprit du monde et continuons d’avancer vers la sainteté de Dieu en nous souvenant que si un membre pèche, c’est le corps tout entier qui en pâtit.
 
Seigneur, donne-nous de saintes vocations religieuses.
Seigneur, donne-nous de saints prêtres.
Seigneur, donne-nous de saintes familles.