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Dimanche, 10h30
Du lundi au samedi, 12h05

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Avant la messe dominicale à partir de 10h dans l’église

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Laudes à 07h30 en semaine et à 08h30 le dimanche.
Milieu du jour à 11h50 en semaine.
Vêpres à 19h00
Complies ou vigiles à 20h30
Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

A LA PORTERIE
Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
La porterie est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h15 à 17h du lundi au vendredi.



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trait

UN ÉVÊQUE DOMINICAIN DE MARSEILLE, GUILLAUME SUDRE (1361-1366)

Déjà, en 1334, un Frère Prêcheur, Jean Artaudi, fait évêque de
Nice par le Pape Jean XXII, en 1329, avait été transféré sur le siège
épiscopal marseillais, qu’il n’occupa que quelques mois. Mort au
couvent de Saint-Maximin, en juillet 1335, il devait être enseveli à la
Madeleine d’Aix.

Quelques trente ans plus tard, ce fut au tour d’un autre
dominicain, Guillaume Sudre, d’être appelé à régir le diocèse de
Marseille, en 1361, l’année même où Guillaume Grimoard, le futur
Urbain V, revêtait à Saint-Victor la dignité abbatiale. Les deux
hommes se connaissaient, unis, semble-t-il, par les liens d’une franche
amitié.

Guillaume Sudre, originaire de Laguenne (19150), à 5 ou
6 kilomètres au sud-est de Tulle, prit l’habit de Frère Prêcheur au
couvent de Brive-la-Gaillarde et connut, dans l’Ordre dominicain, une
carrière toute vouée aux études, jusqu’au jour de 1348 - l’Année
terrible, celle de la Peste Noire - où les capitulaires, réunis au
couvent de Saint-Gaudens, le placèrent à la tête de la province de
Toulouse. Pour peu de temps. Dès 1350, il se trouvait à la curie
d’Avignon, nommé par le Pape Clément VI, Maître du Sacré-Palais,
charge qu’il devait occuper onze années durant. C’est le 27 août 1361
qu’il fût institué, par Innocent VI, évêque de Marseille, sacré le mois
suivant.

Sur le siège marseillais, Guillaume Sudre succédait à une série de
prélats qui tous, les uns après les autres, plus soucieux de hanter sur les
bords du Rhône les couloirs du palais pontifical que de vaquer aux
tâches pastorales, n’avaient guère observé le devoir de résidence.
Le nouvel évêque trouva son église dans une situation difficile.
L’économie du port était en pleine récession. L’insécurité, tant à
l’intérieur de la ville, qu’à l’extérieur, posait de graves problèmes qui
obligèrent le prélat à prendre de sévères mesures contres les bandes
issues des Grandes Compagnies. Ces dernières, depuis le Rhône,
manifestaient leur intention de marcher sur Marseille. Guillaume
Sudre ordonna en conséquence à son viguier et à ses bailes de
contraindre par voix de héraut leurs administrés, sous peine de
sanctions, à se mettre à l’abri dans les quatre jours qui suivraient, eux,
ainsi que leurs provisions de vivres - blé, vin et autres victuailles - à
l’intérieur des lieux fortifiés, emportant leurs réserves de foin et de
paille (sinon qu’ils les brûlent). Que tous les murs, portes de défense et
bretèches, soient réparés. Qu’en chacun de ces points forts ou castrum,
soit institué un bon capitaine, à qui chacun sera tenu d’obéir en ce qui
concerne la défense, le service, la garde de ces lieux fortifiés. Des tours
de surveillance, jour et nuit, seront à prévoir et les enceintes devront
être gardées. Que le peuple soit partout convoqué en parlement, que
l’on vérifie si chacun possède des armes en conformité avec sa
condition ; ceux qui n’en auront pas seront contraints à s’en procurer.

Au cours des délibérations de ces parlements, on s’enquerra aussi au
sujet des arbalètes, car en ce qui concerne ces instruments, si l’on en a
besoin, autant que faire se peut, nous sommes décidés à apporter notre
aide, conclut l’évêque. Telle est la teneur de la circulaire expédiée par
Guillaume Sudre aux responsables civils de son diocèse, texte qui se
clôt sur une pressante invitation à faire diligence, désignant enfin
Philippe Tournier - notre écuyer - comme son délégué dans cette
affaire.
Guillaume Sudre, en ces circonstances qui veulent beaucoup de
décision, se révèle pleinement fidèle à l’idéal de l’évêque defensor
civitatis. Dans le domaine de ses responsabilités proprement religieuses
il allait se montrer réformateur. A la suite d’une visite pastorale, qui
n’a malheureusement laissé que peu de traces documentaires, il
convoqua à cet effet un synode diocésain, dont là encore,
malheureusement, les actes ne nous ont pas été conservés.

Dans le monde des nombreux couvents que comptait la cité, la
situation n’était guère brillante. A part le monastère victorin qui paraît
avoir mieux résisté aux bourrasques de ces temps troublés, ailleurs
c’était la crise. Surtout chez les Frères-Mineurs, dont le prestigieux
couvent, sanctuaire du culte de saint Louis d’Anjou, se débattait au
milieu des pires difficultés. Le couvent dominicain ne comptait, lui,
qu’une douzaine de religieux. C’est dans leurs rangs que Guillaume
Sudre vint chercher son Vicaire-Général, frère Guillaume, de la
famille des seigneurs de Roquevaire.
Sous les voûtes de l’église des Prêcheurs, Guillaume Sudre
consacrera de nombreuses moniales des trois monastères de femmes :
Saint-Sauveur, N.-D. de Sion, Saint-Pons (près de Gémenos), maisons
religieuses qui semblent avoir été l’objet de toute sa sollicitude.
La brièveté de la présence de Guillaume Sudre à la tête de l’église
de Marseille ne permit pas au travail de réorganisation ainsi amorcé de
porter tout son fruit. En octobre 1365, il eut l’honneur de présider aux
festivités qui accompagnèrent la venue à Marseille du pape Urbain V.
C’est un an plus tard que ce dernier, lors du Consistoire tenu le 18
septembre 1366, le premier des quatre que comptera son pontificat,
créa trois cardinaux, dont Guillaume Sudre.

Le nouveau cardinal connut un grand crédit auprès du Pape. Il
l’accompagna en Italie, devint évêque d’Ostie le 17 septembre 1367 et
prit part à toutes les grandes affaires qui se traitèrent à la cour
pontificale. De retour de Rome, en 1370, en compagnie d’Urbain V, il
mourut à Avignon le 28 septembre 1373 et fut enseveli dans l’église
des Dominicains.
Son sceau épiscopal nous a été conservé, il se trouve aux
Archives Départementales. Fort élégant, en cire rouge, il porte les
armoiries de notre prélat, qui se lisent : de gueules à la bande d’argent
chargée de quatre chevrons de sable.


Frère Paul AMARGIER, o.p.
Article publié le 27 juin 2012