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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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Troisième dimanche du Temps de l’Eglise

Devenir en Eglise serviteurs de la Parole

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,1-4.4,14-21.
Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.
Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

Frères et sœurs,
Le passage d’évangile que nous venons d’entendre est extrait de l’évangile de Saint Luc, ce médecin grec qui n’a pas connu Jésus de son vivant mais qui a découvert la foi chrétienne par Saint Paul. Son originalité a été de faire une synthèse de tous les récits des événements qui se sont accomplis au temps de Jésus et lors de la naissance des premières communautés chrétiennes. C’est grâce au St Esprit que Saint Luc a pu rédiger ce 3ème évangile qui est si riche d’humanité. St Luc souligne l’importance des témoins oculaires de ces événements qui sont devenus les serviteurs de la Parole.
Arrêtons-nous sur cette expression de serviteurs de la Parole. Elle évoque évidemment et d’abord les apôtres et les premiers prédicateurs. Mais elle peut aussi concerner tous les baptisés et donc chacun de nous dans leur découverte du mystère de l’Eglise. Les textes de l’eucharistie de ce dimanche en révèlent trois dimensions essentielles et liées à l’œuvre de la Parole de Dieu : la convocation, la communion et la mission.
L’Eglise manifeste d’abord son mystère en vivant chaque dimanche cette convocation par la Parole de Dieu. C’est ce qu’annonce d’une certaine façon le passage du livre de Néhémie que nous avons lu et qui évoque comment les juifs ont vécu le retour de leur exil à Babylone. La victoire des Perses sur les Babyloniens fut interprétée avec justesse comme accomplissement des prophéties, en particularité celle d’Isaïe, prévoyant que Dieu n’abandonnerait pas son peuple et le ramènerait à Jérusalem. Le gouverneur Néhémie et le prêtre Esdras en furent ainsi chargés mais ils découvrirent bien vite que la réinstallation des Juifs en Terre Sainte et la reconstruction du Temple on été très difficiles. En attendant, c’est autour de la convocation solennelle de la Parole de Dieu que les juifs ont été invités à retrouver courage en approfondissant le vrai sens de leur vocation. N’est-ce pas ce que nous devons nous aussi expérimenter à chaque eucharistie du dimanche : nous laisser rejoindre dans toutes nos difficultés par la Parole de Dieu qui est loi qui redonne vie et préceptes qui réjouissent le cœur ?
Si l’Eglise est d’abord convocation, elle est aussi communion. St Paul nous le rappelle : « Nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps ». Dans ce corps chacun a sa place et personne ne peut dire qu’il n’a pas besoin des autres. L’une des grandes lumières du Concile Vatican II a été de mettre en lumière que l’Eglise n’est pas d’abord l’Eglise hiérarchique (Pape, évêques, prêtres puis les laïcs) mais la communion de tous les baptisés. A l’inverse de notre humanité qui ne cesse de se diviser, notre appartenance à l’Eglise nous commande de fuir les divisions pour construire une communion où nous devons avoir le souci les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres doivent partager sa souffrance, si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. C’est dans cette mystérieuse communion que chacun doit trouver sa vocation personnelle qui s’inscrit dans cet appel à faire grandir la communion dans l’Eglise.
Convocation, communion, l’Eglise est enfin mission qui annonce la bonne nouvelle. Dans son Evangile, St Luc fait commencer la vie publique de Jésus par sa première prise de parole dans la synagogue de Nazareth. Jésus ouvre le livre du prophète Isaïe et trouve le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ; annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ». St Luc se plaît à décrire la solennité avec laquelle Jésus lit, puis referme le livre, le rend au servant et s’assit. Tout le monde le regarde et attend son commentaire. Alors Jésus dit : « Cette parole de L’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Ce qu’il nous faut comprendre, c’est que Jésus Christ est lui-même la Bonne nouvelle qu’il faut vivre et annoncer. Cet aujourd’hui évoqué par Jésus continue dans le temps de l’Eglise et l’Eglise est elle-même Jésus Christ cru, accueilli, partagé et que l’on doit proclamer et communiquer. La vocation de l’Eglise est de le vivre en rejoignant d’abord les pauvres, les aveugles, les prisonniers et les opprimés, catégories qu’il faut comprendre au sens à la fois matériel et spirituel.
Concluons : l’Eglise a besoin de vrais serviteurs de la Parole pour vivre et annoncer la bonne nouvelle de l’Evangile. C’est en approfondissant ce lien entre convocation, communion et mission que nous en feront vraiment partie. Amen.


Frère Denis FOUCHER, o.p.
Article publié le 29 janvier 2013