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13 dimanche du temps de l’Eglise - année B

« Qui a touché mes vêtements ? » (Mc 5, 30)

Frères et sœurs,
« Le diable s’habille en Prada », dit-on. Sa sainteté le pape Benoit XVI s’habille en Gamarelli ou Mancinelli et porte en plus les lunettes de soleil de Gucci. Mais la marque de haute-couture de Jésus, nous ne la connaissons pas. A l’époque de Jésus il n’y avait ni Hugo Boss, ni Lacoste, ni Versace, ni Jil Sanders, Tommy Hilfiger ou Calvin Klein. Peut-être, avec un peu de chance, connaissait-on déjà à cet époque les marques de Levi et Strauss ou la Maison Rabih Kayrouz - nous ne le savons pas, mais une chose est sûr, car cela nous a été révélé par l’Evangile : les vêtements de Jésus ont attiré l’attention de la femme au flux de sang. Elle voulait les toucher pour être guérit de sa maladie.
Qu’elle veuille être guérit, cela les apôtres l’ont très bien compris, car tout le monde désire être guérit. La liste d’attente est longue, fort longue et en fait Jésus applique pour chacun une méthode particulière pour sa guérison personnelle. Mais la méthode qui consiste simplement à toucher le vêtement de Jésus, cette simple idée qui permettrait en plus de gagner du temps, ne leur est jamais venu à l’idée. Quand Jésus posât la question : « Qui a touché mon vêtement » toute suite l’apôtre Thomas pensât que Jésus devait vraiment être fatigué, car poser une telle question quand la foule semblait presque étouffer Jésus, ne lui semble vraiment pas très rationnel. En plus, pourquoi Jésus s’inquiète-t-il tout un coup de son vêtement qui n’est pas forcément plus propre que le leur et qui porte des mêmes signes d’usures. Mais quoi qu’il en soit, les apôtres se réjouissent avec cette femme guérit, sa méthode a été efficace, et ce qui est le principale, elle est heureuse maintenant.
Mais la leçon que Jésus leur donne ensuite en faisant le lien entre son vêtement et la foi, cela ils ne l’ont pas compris toute suite. Saint Paul y a repensé plusieurs fois et il en a parlé quand il écrivit ses épitres aux Romains, aux Galates et aux Ephésiens. Le vêtement est un symbole pour l’esprit du Christ lui-même. La femme qui voulait toucher le vêtement du Christ, ne cherchait en fait pas d’abord son vêtement en tant que telle comme moyen de guérison, mais l’union de son esprit à celui du Christ pour être guérit et renouvelé de l’intérieur. C’est pourquoi saint Paul recommande à chacun de nous, en pensant à cette femme de l’Evangile, d’avoir la même attitude qu’elle quand il dit : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ » (Rom 13, 14) et encore : « Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. » (Gal 3, 27) En d’autre termes : Rendez-vous compte de cette grâce immense d’être habillé par et en Christ.
Frères et sœurs, notre couturier ne s’appelle pas Karl Lagerfeld, Valentino, ou Christian Dior. Notre couturier c’est le Christ lui-même, le seul qui sait nous donner un vêtement qui ne s’use jamais et qui ne serait jamais mangé par les mites, car ce vêtement est le Christ lui-même. C’est pourquoi Jésus nous dit : « Du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs : Je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un deux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne férat-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! » (Mt 6, 28 s.) La femme de l’Evangile le savait, elle faisait confiance, elle croyait, elle était guérit. Sa joie devrait être notre joie.
A la fin du film « Le diable s’habille en Prada » Mrs. Priestley, la grande vedette du monde de la mode, essaie de distraire la mauvaise conscience de son assistante Andréa qui commence à douter de sa vocation dans le milieu de la Haute couture. : « Ne soyez pas ridicule Andrea, disait Mrs. Priestley, tout le monde veux cela, tout le monde veut être nous. » Frères et sœurs, si notre marque de vêtement s’appelle le Christ et si nous vivons véritablement dans ce milieu de la Haute-couture christique avec une joie sincère, tous ceux qui ne portent pas encore cette marque et ne vivent pas encore dans le milieu des baptisés, devraient nous envier au plus profond de leur cœur et nous pourrions le confirmer en disant : « Oui tout le monde veux cela, tout le monde veut être nous, tout le monde veut être un autre Christ. Soyez les bienvenus » Mais si cela n’est pas vraiment le cas, si je ne peux pas vraiment le dire, c’est peut-être parce que je préfère encore la marque de vêtement de la concurrence ….


Frère Albert-Henri KÜHLEM, o.p.
Article publié le 1er juillet 2012