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Dimanche, 10h30
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Avant la messe dominicale à partir de 10h dans l’église

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Complies ou vigiles à 20h30
Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
La porterie est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h15 à 17h du lundi au vendredi.



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Premier Dimanche du Carême

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Luc (IV, 1-13).

Après son baptême, Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon.

Il ne mangea rien pendant ces jours-là et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ». Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre ».

Le démon l’emmena alors plus haut, et lui fit voir d’un seul regard tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m’appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela ». Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras ».

Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple[12] et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Offrons au diable une occasion de tentation !
Frères et Sœurs,
Oui, offrons au diable une ou – si nous sommes généreux – même plusieurs occasions de tentations, aujourd’hui et pendant toute la durée du carême. – Mais quelle audace, quelle prétention et surtout quel orgueil se manifeste en ce conseil. Comme on ne joue pas avec le feu, on ne joue pas non plus avec le diable. Et pourtant, ce n’est nul autre que notre confrère saint Thomas d’Aquin qui propose cet exercice en bonne compagnie avec saint Ambroise et saint Jean Chrysostome , pour donner un nouvel élan à nos efforts de carême qui risquent souvent tomber dans la routine de notre train-train quotidien. Donner des occasions de tentation au diable est pour saint Thomas un excellent moyen de suivre le Christ et ainsi un grand honneur pour les enfants de Dieu qui manifestent ainsi sa gloire. Montons donc avec Jésus au désert à la rencontre du diable et apprenons de notre Seigneur comment il faut faire, car c’était lui le premier qui a offert au démon même trois occasions de tentations.
Jésus face au diable n’était pas comme un roseau agité par le vent. Il savait très bien ce qu’il voulait. Il savait très bien qui il avait devant lui. Il venait comme un conquistador pour la revanche de la défaite du premier Adam au paradis. Jésus venait donc exprès dans le désert, « pour provoquer le diable » , pour remporter la victoire de cette revanche. Et par chance, le diable accepte les trois occasions de tentation. C’est extraordinaire ! « Si le diable n’avait pas combattu le Christ, le Seigneur ne l’aurait pas vaincu » . La défaite du premier Adam s’est changé ainsi par le Christ en une victoire qui ouvre à nouveau le paradis du quel Adam était jadis chassé. C’est à nous maintenant, au début de ce carême, à la suite du Christ, de rappeler et annoncer au monde entier cette victoire et la défaite du diable en la réalisant et la vivant en notre esprit et notre corps. Il est certes regrettable que l’occident ne se rappelle plus de la bataille de Lépante et de la victoire qui a été remporté grâce à la prière du Rosaire tandis qu’en revanche l’orient non- chrétien n’a pas oublié cette défaite. Mais c’est encore beaucoup plus regrettable que la victoire du Christ sur le démon tombe en désuétude de la même manière et cela même chez les soi-disant chrétiens. Le démon en revanche n’a pas du tout oublié sa défaite au désert. Il fait tout pour regagner du terrain, car il est jaloux et fou furieux. Son but est non seulement que nous oublions la victoire glorieuse du Christ, mais aussi que cette victoire ne se réalise pas en nous. Plus nous sommes des véritables disciples du Christ, plus sa jalousie est grande et plus nous lui donnons l’occasion de nous tenter, pour que la victoire du Christ se manifeste à nouveau. Saint Thomas d’Aquin nous rassure : « Offrir au diable une telle occasion de tentation est sans danger, parce que le secours du Saint-Esprit, auteur de toute œuvre parfaite, triomphe des assauts du démon jaloux ». Offrir une occasion de tentation au diable veut donc dire de manifester par notre vie la victoire du Christ dont il nous a donné un avant-gout dans le désert et qui se manifestera totalement le vendredi saint sur la croix.
Frères et Sœurs, comme le Christ nous aussi, nous sommes chaque jour conduit dans le désert et à la rencontre du diable. Fixons donc notre regard vers le Christ, suivant le et soyons vainqueur par lui, avec lui et en lui. Montons ainsi avec Jésus durant ce carême à travers le désert jusqu’à Jérusalem jusqu’au Golgotha. Peut-être avons-nous, comme Thomas l’apôtre un peu peur à cause de la perspective de la croix. Comme lui nous nous disons peut-être dans un état de découragement : « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui » . Mais au plus tard à Pâques il a compris que mourir pour le Christ est la meilleure manière de manifester la victoire définitive de la croix. Au plus tard au moment de son propre martyre il a compris que de mourir par amour pour le Christ est la manière par excellence de donner une occasion de tentation au diable, car rien ne rend le diable plus jaloux et furieux que l’amour véritable qui ne connaitrait jamais la mort, mais bien la victoire et la joie éternelle, et cela dès ici-bas.


Frère Albert-Henri KÜHLEM, o.p.
Article publié le 21 février 2013