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Dimanche, 10h30
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Avant la messe dominicale à partir de 10h dans l’église

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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
La porterie est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h15 à 17h du lundi au vendredi.



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La Chaire de Saint Pierre

"Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Église"

Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

En répondant ainsi à Pierre, Notre Seigneur Jésus fonde l’infaillibilité de la Parole de Pierre et c’est sur cette Parole que le notre Foi est fondée et a pu se transmettre jusqu’à nous aujourd’hui. Il revient à l’Église, en vertu de sa mission prophétique, d’annoncer la Vérité, d’avertir les hommes, de les inviter comme Ézéchiel à abandonner leur conduite mauvaise, ou comme saint Paul, de menacer, d’exhorter, de réfuter à temps et à contretemps ; il lui appartient de lier, de trancher et de retrancher, c’est-à-dire d’interdire et de condamner, d’exclure, et aujourd’hui de renoncer, s’il le faut, et parfois, il le faut quand des valeurs fondamentales sont en jeu, mais il lui revient surtout, de délier et d’absoudre, de « défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug » (Is 58), de sorte que la libération en Jésus-Christ ne soit pas un vain mot. Et c’est la mission de Pierre de mettre en œuvre cela. Il y a eu parfois des interférences, car le monde résiste à la Parole de Dieu, des attaques, des meurtres qui ont cherché à faire taire cette Parole, mais plus on la martyrisait, plus elle renforçait l’Eglise.

Or, aujourd’hui, depuis le 11 février 2013, nous entendons une parole de Pierre qui résonne sans cesse depuis et peut nous laisser perplexe tant elle semble en contradiction avec celle du Christ.
“C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.”
Le titulaire de la Chaire de Saint Pierre décide de se taire, temporairement certes. En renonçant à sa charge, la Parole de Pierre prend, ainsi, une nouvelle tonalité. Et ce silence est assourdissant, car il nous renvoie au Christ et à sa Parole : "Tu es Pierre et sur cette Pierre, bâtirai mon Eglise ". La pierre, c’est dur, la pierre c’est un appui et nous sommes déstabilisée car cette parole qui nous révélait la primauté de Pierre et sa force, trouve aujourd’hui une résonance, en la parole et l’acte de renoncement de notre Pape Benoît XVI qui semblent en totale contradiction avec elle ? Et nous nous posons la question ? Alors ce renoncement de Pierre est-il de la Chair ou de l’Esprit ? Alors faillible ou infaillible ?

Déjà on entend le conclave des médias, qui au bout de quelque jours n’avait plus rien à dire, ils se trouvaient sur la place Saint Pierre, cherchant un nonos à ronger, et se mettant sous la dent tout ce qui passait par là. La nature médiatique déteste le silence mais, hélas, pas le vide ou la vacuité, c’est pourquoi aujourd’hui les médias bruissent de rumeurs selon lesquelles Benoît XVI aurait démissionné en raison de scandales en interne qui l’auraient profondément meurtri. Ainsi si telles étaient les seules raisons de ce départ, ce ne serait pas l’esprit mais la chair qui l’aurait motivé. Par pitié, frère et sœurs, ne les écoutons pas.

Car nous, nous le savons cette parole et cet acte de Benoît XVI sont de l’Esprit.

• D’abord parce que lui même le dit. Et nous savons que cet homme chercheur de la Vérité tout au long de sa Vie, ne peut pas nous mentir.

• Ensuite en se montrant faillible en apparence yeux yeux du monde, il renforce l’infaillibilité de sa charge, en s’effaçant derrière elle et en étant profondément habité par cette certitude de foi, dans la communion des saints, que Dieu pourvoit, que Dieu règne. Il s’en remet à la force de l’Esprit.

Par le constat ce cette incapacité, fait dans la prière et dans humilité mais aussi dans la certitude que l’Eglise ne repose pas sur les forces d’un seul mais de la force de l’Esprit et de la communion des saints, il la renforce et il renvoie maintenant chacun, en premier lieu, ceux qui auront la charge de lui trouver un successeur, mais aussi à chacun d’entre nous, à l’essentiel de notre vocation chrétienne qui se fonde sur la Parole de Pierre : « Tu es le Messie le Fils du Dieu vivant ». C’est seulement en confessant la Foi de l’Eglise que les puissances de l’Enfer ne tiennent pas contre elle . En cette année de la foi, il est bon de se le rappeler vigoureusement

Alors oui ou non, le Christ est il le Messie ? Pour chacun d’entre nous ?

C’est oui, cela change tout. Si c’est non, saint Paul nous le dit : « Nous sommes les plus malheureux des hommes ».

Cette question va se poser aux cardinaux qui sont renvoyés à ces fondamentaux d’une certaine manière, par la démission de Benoît XVI. Tout est ordonné à cela, à partir de cette confession nous pouvons œuvrer pour le salut des âmes.

Il y a une radicalité dans la Parole de Pierre, pour la salut des âmes, il y a une radicalité l’acte de Benoît XVI, pour le salut des âmes et qui ne peu laisser aujourd’hui indifférent, ni les cardinaux, ni chacun de nous, car si Pierre nous lie ou nous délie, c’est pour que nous soyons à notre tour des Pierres vivantes capable de lier et délier. C’est dans cette perspective, qu’il faut comprendre ce verset « ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux, ce que vous délierez sera délié ». Le pouvoir de gagner nos frères à l’Évangile, le pouvoir de leur ouvrir ou de leur fermer le Royaume de Dieu, repose désormais dans nos mains. Pouvoir redoutable, d’une responsabilité et d’un risque inouïs, car autant nous pouvons délier nos frères de ce qui les entrave et les aider à se relever, à ressusciter, autant nous pouvons, comme les Pharisiens, lier sur leurs épaules des fardeaux que nous ne pouvons pas nous-mêmes porter ou, par notre attitude, les abaisser, les humilier, les enfermer dans le jugement qui les tue.

Par son renoncement, Notre Pape Benoît XVI, nous renvoie tous à la radicalité fondamentale de notre vocation chrétienne. Puissions nous nous en nourrir pendant ce temps de carême. Amen


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 22 février 2013