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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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André Suarès face à un Prêcheur

En 1901, à Marseille
l’écrivain André Suarès face à un Prêcheur

Au seuil de notre siècle, en 1901, n’avait pas encore tout à fait quitté Marseille, sa ville natale, un jeune écrivain de trente-trois ans, d’appartenance Israélite, sorti de l’Ecole Normale Supérieure où il vivait avec Romain Rolland pour condisciple et ami intime, écrivain promis à une belle gloire littéraire, André Suarès.

Tout au long de son existence, de 1888, année de ses vingt ans, à 1948, année de sa mort, Suarès gardera l’habitude d’adresser à des correspondants qui ne les reçurent point, car non expédiées, des lettres ainsi restées « ignorées du destinataire ». Sous ce titre, elles furent réunies et publiées aux éditions Gallimard, au nombre de cent, en 1955. Il en est une qui concerne un personnage de l’histoire conventuelle de la rue Montaud (aujourd’hui, 35, rue Edmond-Rostand), celle qui porte le n° 13 du recueil, p. 51-54. Ecrite en 1901, adressée à un inconnu, qui pourrait être ou Romain Rolland, ou Maurice Pottecher, les confidents de la rue d’Ulm, elle commence ainsi : « J’ai eu la visite de ce fameux Père de Poumayrac ». Il s’agit du frère prêcheur de la Belle Époque que ses succès oratoires avaient rendu « fameux », pour reprendre le mot de Suarès, auprès des Marseillais.

Déjà, au printemps 1897, Suarès, alors à Paris, avait fait retraite auprès des Dominicains de la rue Vaneau : la lettre n° 4, p. 23-27, garde trace de la démarche du jeune juif marseillais. D’un bout à l’autre de sa vie, Suarès restera partagé entre un scepticisme absolu et le besoin d’une foi radicale, dont sa correspondance avec Paul Claudel témoigne amplement : « Si j’avais la foi, je serais moine », écrit-il à ce dernier. De là une attirance invincible, qui le poussera toujours volontiers vers les prêtres catholiques. Au lendemain de mai 68, Jean Sulivan, depuis disparu, écrivait : « J’entends dire que le sermon est un genre périmé. C’est le vide spirituel et la paresse qui parlent ainsi. Car le sermon doit être le signe de la vie : l’accord difficile dans un homme libre entre une foi et une expérience dans un langage inventif. Au moment où le monde est livré à la propagande, à la publicité et à la rhétorique, le chrétien de ce temps a plus que jamais besoin d’un sermon créateur. Je rêve d’églises
qui seraient aussi un refuge pour incroyants qui viendraient y chercher ce qu’on ne trouve plus ailleurs : l’expression d’une sagesse éveillée. » (Petite littérature individuelle, Gallimard, 1971, p. 133).

Tel est bien l’idéal qu’entendirent réaliser, dans le cadre de l’église conventuelle du 35, rue Edmond-Rostand, les générations de Prêcheurs qui s’y succédèrent. Ce même idéal, au seuil du millénaire dans lequel nous entrons, fidèlement servi, achèvera de faire de ce lieu le poste, qui fut toujours le sien, de vigie au bord de nos aveuglements.


Frère Paul AMARGIER, o.p.
Article publié le 31 août 2012