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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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trait

10ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,11-17.
Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.
En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »
Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »
Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

Ce miracle, la première communauté chrétienne en a été marquée et l’a gardé dans son esprit. Jalousement ! Précieusement ! Car nous vivions dans ce récit évangélique, un moment indépassable.
La résurrection d’un jeune garçon. C’est quand même inouï, mes frères, ressusciter des morts ! Le Christ ressuscitera bien sûr, nous connaissons la grande sortie du tombeau de saint Lazare, de grands saints ont réalisé ce miracle retentissant, puisque Jésus l’a vécu nous aussi nous pourrions peut être le vivre si notre foi était plus ardente, et pure mais qui osera s’approcher d’un mort, et lui dire lève toi, en présence de ses parents… C’est là mes frères qu’on voit la faiblesse de notre foi, et j’entends déjà les murmures dans le cœur de certains et de certaines ici présents… il y va fort…
En tous les cas maintenant, si nous hésitons, si nous murmurons, face au mystère de la résurrection, face au fait que nous n’avons jamais vu un ressuscité, il s’agit de suivre le Christ. L’évangile nous dit qu’Il était suivi de ses disciples et d’une grande foule.
Car oui, Jésus connaît un très grand succès, c’est ce qu’il faut que nous nous disions ! Il ne faut pas que l’on ait peur ou que l’on soit timide au sujet de cette réalité : Le contenu du message du Christ, ne peut qu’attirer, le plus grand nombre, il a les paroles de la vie éternelle ? Il a les Parole pour a vie éternelle et ces paroles il nous faut les entendre et les croire car Christ est venu non seulement pour nous les dire ces parole, mais aussi pour nous montrer qu’elles étaient et sont encore vraies. Sa résurrection en est l’attestation. Ainsi, Le Christ veut rejoindre la foule, il veut faire entrer dans au ciel de son Père tous les hommes, sans exception et il nous donne sa parole et son exemple pour que nous y arrivions, chacun à notre niveau, selon nos talents car nous avons un Dieu personnel qui a le soucis non pas du monde en général mais de chacun en particulier et il se laisse suivre par toutes cette foule de pauvres, qui ont conscience de leur pauvreté et du décalage immense face à la plénitude de son amour.
Il prend soin de chacun en particulier en lui donnant les clés de l’amour vrai qui ressuscite. Jésus est donc suivi par cette foule qui se sait aimée et appelée à vivre.

Dans notre évangile, Jésus arrive dans la ville de Naïm et au moment ou il entre dans la ville, il rencontre un convoi funèbre. Un corbillard avec un jeune homme allongé, et une femme, une pauvre mère qui est là toute seule, en premier comme le veut la tradition, Elle suit son fils pour l’accompagner vers le lieu de son repos. Et plus loin une foule considérable. Triste qui pleure

C’est la rencontre de deux foules, une foule en liesse, qui a les paroles de la vie éternelle et une autre foule qui fait des marches blanches, qui suit cette femme qui va glisser ce corps dans la corruption et la tristesse du tombeau. Sans autre espérance que de se souhaiter bon courage. Le vocabulaire est si pauvre face à l’absurdité de la mort. Et en particulier celle d’un jeune, d’une mère qui perd son enfant. On a un mot pour un enfant qui perd ses parents, un orphelin, une veuve pour celle qui perd son marie, la langue français n’a pas de mot pour des parents qui perdent leur enfant.

Parfois les chrétiens peuvent sembler insensibles aux malheurs qui frappent ceux qui ne croient pas. Non, nous ne sommes pas insensibles, mais nous portons en nous, cette certitude de foi, que la mort n’a pas le dernier mot et que la puissance de l’amour de Dieu est capable de ressusciter. Notre foi est souvent incomprise par ceux qui ne sont pas habités par la même espérance, cela fait une grande différence, cela fait toute la différence ?
Ces foules, elles sont celle que nos pouvons rencontrer aujourd’hui face à la mort, Jésus ne distingue pas les morts, elle est sa plus grande ennemie qui l’a fait pleurer près du tombeau, il est proche en revanche de la souffrance de ceux qui en sont les victimes.

Jésus s’approche et ce qui est étonnant, c’est que Jésus ne compatit pas pour ce jeune garçon et pourtant c’est un jeune. Il aurait pu dire comme nous, si jeune, il aurait pu verser des larmes, comme nous face à cette mort contre nature. Il ne réagit pas, tout simplement parce qu’il sait, il a les paroles de la vie éternelle, et que face à une mort insupportable, pout tous, Jésus veut nous montrer que nous n’avons pas à nous inquiéter pour nos défunts, car ils sont dans la main de Dieu.
Notre foi nous donne de contempler le mystère de la résurrection, et il faut bien le dire, ce mystère quand nous l’avons chevillé au corps nous donne l’espérance et nous apporte la paix, même dans la souffrance, que nul ne peut nous enlever.
Heureusement, frère et sœur que nous avons la foi ! Si nous ne l’avions pas, si elle ne nous avait pas été donnée au jour de notre baptême nous serons à l’image de cette foule, errant dans une tristesse structurelle, et cherchant frénétiquement des paradis artificiels, pour nous en échapper, et ce qui est terrible, c’est que ces paradis artificiels nous même vers cela même que nous cherchons à fuir…

Jésus ne semble par voir pas ce garçon, il ne voit que sa pauvre mère et d’ailleurs la première réaction face aux larmes de cette dernière et de lui dire : « ne pleure plus ». Et peut être saint Luc en écrivant ce passage, pensait à la Vierge Marie, avec laquelle il a pu connaître l’enfance de Jésus qu’il a inséré dans son évangile. Les larmes de cette veuve, rejoignent celles que versera Marie au pied de la croix, et déjà s’annonce la joie de la résurrection. Et par conséquent, voyant cette femme d’autant plus seule, qu’elle est veuve, Jésus va lui rendre son enfant. Et dans un mouvement saisissant, après avoir dit au cadavre, lève toi, il est dit le mort s’est dressé, s’est assis, s’est mis à parler et a été rendu à sa mère vivant.

Nous pouvons contempler, dans cette page d’évangile, cette transcendance, cette force du Christ, vainqueur de la mort. Le Christ a vaincu la mort et nous avons tout en nous pour nous aussi entretenir ce type de rapport à la mort.

En nous, au jour de notre baptême, il a déposé l’Esprit qui, aujourd’hui nous permet de crier Abba et d’entretenir cette relation de transcendance avec Dieu, la vie dans l’Esprit est ce qui nous permet de vivre au quotidien de ce mystère la Résurrection. Le réalisons-nous ?,
Ce chemin de la résurrection, c’est celui que Jésus nous a montré, au soir de sa mort, il nous laisse le commandement de la charité. Aimer vous les uns les autres, non pas pour être gentil, non pas pour instaurer entre nous, un bien vivre ensemble, il nous donne ce commandement tout simplement parce que l’amour est la seule condition à notre résurrection. Tant est puissante la force qui se déploie dans l’amour configuré à celui du Christ.
L’amour qui existe entre le père et le Fils est tel qu’il en devient une personne, c’est le saint Esprit.
Cet amour se déploie aujourd’hui avec puissance et doit se déployer dans le quotidien de nos vies…
C’est l’Esprit qi va maintenant rendre présent le Christ dans le pain et le vin, c’est la puissance de l’amour du Christ, qui est capable de vous purifier tous vos péchés, c’est la puissance de l’amour du Christ qui fait que les morts redeviennent vivants. En communiant aujourd’hui pour la première fois, Gustave et Arthur, vous allez donner à la vie de l’Esprit en vous, une nouvelle manière de vous transformer. C’est pourquoi communier, n’est pas un acte sans conséquence, ni sans risque, si nous communions en étant de corps et de cœur avec le Christ, l’Esprit saint qui vous a été donné en plénitude va vous transfigurer et vous transformer petit à petit, pour nous faire ressembler dans nos parole mais aussi dans nos actes au Seigneur Jésus. Rien de plus, rien de moins. L’amour nous transforme, il fait de nous des vivants, des ressuscités. Vous allez Gustave et Arthur recevoir le pain de Vie, prémices de la résurrection, avant goût de la résurrection Gardez cette pureté de cœur, cet esprit d’enfance face à ce mystère. Amen


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 13 juin 2013