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trait

XXIIe Dimanche du Temps de l’Eglise

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens1pour y prendre son repas. (...) Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole2 : « Quand tu es invité à des noces3, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu’un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : ‘ Cède-lui ta place ’, et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place4. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : " Mon ami, avance plus haut ", et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé »5.

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins6 ; sinon, eux aussi t’inviteraient en retour7, et la politesse te serait rendue8. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes ».

En méditant ce que fut la vie de Jésus à Nazareth, le bienheureux Charles de Foucauld fit cette remarque : « Jésus a tellement pris la dernière place que personne n’a pu la lui enlever ».
Revenu à la foi chrétienne, le frère Charles, l’ancien officier explorateur au Maroc, s’était installé à Nazareth, la ville de Jésus, où il s’était fait jardinier du monastère des Clarisses. Il voulait réaliser, sur place, à quel point le Fils de Dieu, très humble, s’était fait le dernier de tous afin de sauver les hommes de leur orgueil.
C’est avec raison que l’on parle de la « vie cachée » de Jésus à Nazareth, pendant trente ans ; mais il faut bien comprendre ce dont il s’agit : Jésus n’était pas « caché » à Nazareth, c’était au contraire un charpentier bien connu : ce qui était caché aux yeux des hommes, c’était sa nature divine ; et ce n’est qu’ultérieurement, et progressivement, qu’il la révélera, au cours de sa vie « publique », par sa prédication, ses miracles et sa Résurrection.
L’évangéliste saint Jean a souvent évoqué l’abaissement de Dieu :
« Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous »
« Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique… pour que le monde soit sauvé par lui ».
Ce ne fut pas facile pour Notre Père des Cieux de réaliser notre salut, alors que nous étions passés sous la domination de notre ennemi, le Prince de ce monde : il fallut pour cela l’Incarnation de son Fils, son humiliation, sa Passion, afin que s’ouvrent les yeux de ceux qui étaient devenus les ennemis de Dieu.
Pour nous révéler son amour sauveur, Jésus a pris parmi nous la dernière place, il s’est fait « Serviteur », il est devenu l’esclave qui lave les pieds des autres et qui meurt sur une croix d’infamie.
Devenu semblable aux hommes en tout, « excepté le péché », Jésus a pu vaincre l’orgueil humain par son humilité et sa douceur.
Frère et Sœurs, il fallait évoquer brièvement le mystère de Jésus, pour mieux comprendre l’évangile que nous venons d’entendre.
Le récit est bref : tout se passe en un seul lieu, la maison d’un chef de Pharisiens et c’est un jour sabbat : Jésus va prendre la parole deux fois de suite.
Entrons, nous aussi, dans cette salle où le repas est servi et où les gens se pressent, et, chacun pour soi, recherchent les premières places.
Vraisemblablement avec cette bousculade, il ne resta pour Jésus que la dernière place, celle dont personne ne voulait.
L’évangéliste saint Luc nous dit que Jésus a « remarqué » cette comédie très humaine.
Devant ce spectacle, Jésus, a peut-être dit en lui-même : « S’ils savaient qui est celui qui se voit bousculé et relégué ainsi à la dernière place ! S’ils savaient « le don de Dieu », sans doute que les convives ne sauraient plus où se mettre, à commencer par le chef des Pharisiens ! »
Comme il arrive souvent en Orient, au cours d’un repas un peu solennel, l’un des invités prend la parole pour dire un mot de salutation aux convives et une parole aimable à l’intention de celui qui offre le repas et qui a fait les invitations.
Jésus prit donc la parole et son intervention fut pleine de délicatesse et ne blessa personne.
Jésus n’était pas un trouble-fête et, de fait, il ne fit de reproches à personne, ni aux convives ni au chef des Pharisiens qui le recevait à sa table.
Mais à tous il suggéra qu’à une autre occasion, un jour où ils seraient invités à un repas de noce, de ne pas faire comme ils venaient de faire : mais de faire attention au protocole établi par le maitre de la noce : il vaut mieux se situer modestement pour ne pas avoir à quitter une place réservée à un plus grand : mieux vaut avoir à monter qu’à descendre.
Saint Paul dans sa lettre aux Philippiens, nous invite aussi à la modestie : « Que chacun, par l’humilité estime les autres supérieur à soi, ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres » (Phil, 2, 2-4)
Jésus, dans sa deuxième prise de parole, veut faire un beau cadeau au chef des Pharisiens pour le remercier de l’avoir invité : Il lui suggère une formule d’invitation originale, nouvelle par rapport aux habitudes mondaines et qui, s’il l’adopte, sera merveilleusement gratifiante pour lui et qui fera le bonheur de beaucoup de pauvres.
S’il veut bien réaliser la proposition qui lui est faite, ce maitre de maison pourra s’en réjouir éternellement ; Jésus lui promet un festin de noce à la table même du Seigneur « à la résurrection des justes ».
Jésus n’a pas fait de reproches au maitre de maison : celui-ci a eu raison d’avoir invité ses parents, ses amis, ses voisins et collègues, car prendre un repas ensemble c’est une forme éminente de la vie sociale, c’est l’expression de l’amitié que Jésus a expérimenté à Béthanie comme à Cana de Galilée.
Et il est normal et légitime d’envisager avec joie, le jour où ces mêmes parents et amis l’inviteront à leur tour.
Jésus propose à son hôte une perspective inattendue, nouvelle, celle de l’Evangile, comme il l’avait fait au jeune homme riche qui cherchait à progresser dans la perfection.
Jésus parle ainsi à son hôte : « Efforce-toi, à l’avenir, d’inviter aussi à ta table des gens qui seront incapables de te rendre l’invitation ; en invitant des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, tu seras bienheureux devant le Seigneur, parce qu’ils n’ont rien à te rendre en ce monde : une telle invitation te sera rendue, au jour de la Résurrection tu auras un trésor dans le Ciel ».
Qu’il s’agisse bien de la part de Jésus d’une suggestion pour l’avenir, et pas d’un reproche pour le présent, on peut s’en convaincre en rappelant que Jésus parlait la langue araméenne qui exprime le futur par un verbe au présent.
Ce qui revient à dire : « Quand tu donneras un déjeuner ou un dîner… pense à inviter les pauvres car parmi eux tu auras aussi ton Seigneur.
Les pauvres, selon toutes les formes de pauvreté, sont toujours à la dernière place aux yeux du monde, des mondanités et de la société, mais c’est parmi eux que se trouve Jésus : « Ce que vous faites, ou ce que vous ferez, à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites, ou que vous le ferez »
Jésus s’est fait pauvre et il a choisi la place du « Serviteur » : « je suis au milieu de vous comme celui qui sert » : cette place-là, aux yeux du monde, c’est bien « la dernière » : mais pour Jésus c’est en réalité la première, « la meilleure » : « Celui qui voudra être grand parmi vous, qu’il se fasse le serviteur de tous ».
En chantant le Magnificat, Marie nous a éclairés, avec une grande profondeur théologique, sur ce qu’est la « dernière place ».
Marie n’a pas eu peur de l’humble place qui fut la sienne : elle savait que le Seigneur se penche sur ses humbles serviteurs et servantes, et qu’il élève les humbles, qu’il renvoie les riches les mains vides, renverse les puissants de leurs trônes.
Marie pouvait, plus encore que saint Paul, parler de l’humilié de son Fils Jésus : « Lui de condition divine ne retint pas, jalousement son rang divin,…devenant semblable aux hommes, il s’humilia plus encore…obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix » (Phil, 2, 4…)
En ce dimanche, alors que l’été se termine, l’évangile nous invite à choisir, pour l’avenir, non pas les « premières places » mais bien les « meilleures places » ; les meilleures aux yeux de l’Évangile.
Nos engagements divers, nos responsabilités familiales, sociales, professionnelles, communautaires, nous invitent sans cesse à faire des choix, à nous engager, à prendre des décisions non pas selon l’esprit du monde mais selon la spiritualité évangélique du service fraternel et du don de soi à l’exemple de Jésus-Christ.
Frères et Sœurs, choisissons donc, toujours, et sans hésiter, « les meilleures places » ; nous ne privons personne en faisant cela : optons pour les places où il y a le plus services à rendre, de trésors spirituels à partager, la réconciliation à apporter, des gens à réconforter, à vivre intensément l’amour de Dieu et la fraternité universelle.
L’ultime et dernière place fut pour Jésus, celle de son tombeau, mais de celui-ci il est sorti, étrangement grandi, et il s’est assis dans la Gloire, à la droite de son Père. Il nous fera aussi quitter nos tombeaux en nous ressuscitant nous aussi et en nous invitant à sa table.
Heureux les pauvres qui prennent et prendront place à la Table du Seigneur et bienheureux ceux qui auront organisé de tels festins car cela leur sera rendu dans le Royaume de Dieu.
Bénissons Dieu qui nous invite à sa table !
« Heureux les invités au repas du Seigneur ».
Amen


Frère Jean-Marie MERIGOUX, o.p.
Article publié le 1er septembre 2013