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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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XXVIII Dimanche du Temps de l’Eglise

Homélie du Frère Jean-Marie Mérigoux, o.p.

Aux Apôtres qui lui demandaient d’augmenter leur foi, Jésus avait répondu d’une façon inattendue : La foi n’est pas tellement une question de plus ou de moins, mais, là où elle se trouve, elle peut faire des merveilles avec la puissance de Dieu.
« Déplacer un arbre ou une montagne... Rendre la vue à un aveugle, ou chasser les démons »… Tout cela Dieu peut le faire pour ceux qui mettent en lui leur confiance : « Tout est possible à celui qui croit », avait dit Jésus au père de l’enfant épileptique.
La vertu de foi, comme l’a rappelé dimanche dernier le frère Manuel, peut changer le paysage de nos sociétés, de nos vies et de nos cœurs.
« La foi, si vous en aviez comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : « Déracine-toi et va te planter dans la mer » : il vous obéirait ».
La réponse que Jésus avait faite aux Apôtres alors qu’il était avec eux devant un grand arbre, avait fait son chemin et elle était parvenue aux oreilles d’un groupe de lépreux qui vivaient dans la région de Galilée et de Samarie que Jésus traversait dans sa marche vers Jérusalem.
Lorsque Jésus arriva à proximité, les lépreux, qui étaient au nombre de dix, tout en restant à distance, se précipitèrent vers lui et, poussés par leur foi, ils lui crièrent : « Jésus, Maitre, prends pitié de nous ! Kyrie eleison ! »
Cette prière suppliante et confiante parvint au cœur miséricordieux de Jésus, et, peu après, ils furent guéris de leur maladie.
Cette guérison collective eut une suite que saint Luc s’est plu à relever : Jésus, avait demandé aux lépreux, avant de les guérir, d’aller se montrer aux prêtres : ils avaient obéi, et, c’est alors qu’ils étaient en chemin que la lèpre les quitta.
L’un des dix miraculés, un Samaritain, poussé par la reconnaissance et par sa raison, revint vers celui qui lui avait fait tant de bien. Il s’approcha de Jésus, se jeta à ses pieds, le remercia et rendit gloire à Dieu.
Jésus lui dit alors : « Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé ».
Jésus fut ému par la reconnaissance manifestée par quelqu’un qui n’était pas un fils du peuple d’Israël ; il fit son éloge et lui accorda alors le plus précieux des dons, la plus grande des grâces : le salut de son âme : « Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ».

Saint Thomas d’Aquin explique que, par la foi, c’est Dieu qui pénètre l’intelligence humaine, qu’il entre dans le cœur de l’homme afin de l’associer dès maintenant et pour toujours à sa Vie divine.
Les neuf autres lépreux avaient été guéris dans leur corps, mais pour ce Samaritain dont la foi était brulante d’amour et d’action de grâce, Jésus, « qui enlève le péché du monde » reçut sa prière et, à la guérison de son corps, il ajouta le salut de son âme ; il « créa en lui un cœur pur », selon l’expression du psaume Miserere.
Le cœur purifié et sauvé, le miraculé eut alors accès à la « béatitude » des cœurs purs, de ceux qui voient Dieu et aussi à la « béatitude » des « petits » à qui le Père s’est révélé : « Père, je proclame ta louange…pour ce que tu as révélé aux petits ».
Le salut de tout son être, le Samaritain le reçut directement lorsqu’il rencontra Jésus au bord du chemin. Dès lors, on peut dire de son cœur purifié, ce qui était arrivé à la chair du Syrien : « Il redevint semblable à celui d’un petit enfant : il était purifié ! ».
Ce « bon Samaritain », était étranger au peuple d’Israël, comme le syrien Na’mân qui avait été guéri par le prophète Elisée ; dès sa guérison, il s’était converti au vrai Dieu, celui d’Elisée et ne voulut, dès lors, n’adorer que lui seul.
La conversion à Jésus-Christ de ce lépreux « étranger » était une annonce prophétique du mouvement de conversion des peuples païens qui allait commencer dès la Pentecôte, et pour laquelle saint Paul allait travailler et subir tant d’ épreuves, de persécutions et de chaines, comme il le rappelle à Timothée : « C’est pourquoi, je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus-Christ, avec la gloire éternelle ».
En ce dimanche 13 octobre, anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, l’Eglise, par le ministère du pape François, consacre le monde entier au Cœur Immaculé de Marie et invite toute l’humanité à aller à la rencontre de son Sauveur.
Le « Cœur Immaculé de Marie » exprime et représente l’attachement total à Dieu de celle qui fut immaculée et comblée de grâces dès sa conception. Cette union totale à Dieu constitue, pour l’être humain, la finalité même de sa destinée et la source de son bonheur éternel.
En ce dimanche, la prière de l’Eglise qui accompagne cette consécration au cœur de Marie, nous semble presque irréaliste, inouïe, tant nous connaissons l’état spirituel du monde, bien souvent catastrophique, où des milliards d’habitants ignorent tout de leur Créateur et de leur Rédempteur.
Mais se tourner vers la Vierge Marie, vers son « Cœur immaculé », qui manifeste sa sainteté et son amour pour le genre humain, constitue un geste prophétique. La sainteté de Marie ne nous est pas inaccessible ni étrangère : il n’y a qu’une seule sainteté, celle de Dieu.
Il est important pour nous de réaliser que notre vocation ultime est la même que celle de Marie : il s’agit d’accueillir, en nos cœurs et en nos vies, comme elle sut le faire, la sainteté et le bonheur même de Dieu.
Cette sainteté que Jésus a accordée à sa mère, il veut nous la communiquer à nous aussi « afin que nous soyons saints et immaculés en sa présence » selon la belle expression de saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens.
En ces journées de prières mariales, nous sommes invités à nous tourner vers le Cœur immaculé de Marie, non pas comme vers une réalité infiniment distante et inaccessible, mais comme une merveille déjà réalisée en Marie et qui est pour nous l’annonce de la possibilité de participer, en tant que « pierres vivantes », à la construction l’Eglise de Dieu qui est toute sainte.
Nous connaissons aussi l’un des sens du mot « consécration », car nous le rencontrons au cœur même de la célébration de la Messe ; il signifie alors cette transsubstantiation par laquelle avec la puissance de l’Esprit Saint, le pain devient le Corps du Christ, et le vin devient son sang.
La consécration de l’humanité au Cœur immaculé de Marie est un peu de cet ordre : elle est un appel à tous les cœurs humains à devenir des cœurs nouveaux, transformés par la sainteté du Christ et capables d’accueillir Dieu lui-même, comme le Cœur de Marie l’a accueilli.
Les derniers mots d’une prière dite à la fin de la messe, expriment bien cette demande de consécration : « Afin que nous devenions, Seigneur, ce que nous avons reçu, le Corps du Christ ».
Les journées de prière mariale que nous vivons ces jours-ci, et qui ont été voulues par le Saint Père, ont commencé, vendredi, 11 octobre, jour anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, en 1961, par le bienheureux pape Jean XXIII, dont la liturgie a fait mémoire ce jour-là, en attendant, l’an prochain, de l’acclamer, cette fois-ci comme un saint, lors de sa canonisation, avec Jean Paul II, le 24 avril 2014.
En ce dimanche commence la semaine missionnaire mondiale : « L’Evangile pour tous…j’y crois ! »
Une « Semaine missionnaire », c’est l’une des manifestations de la « Nouvelle Evangélisation », et c’est pour chacun d’entre nous une invitation à vivre la dimension apostolique de notre Eglise, là où le Seigneur nous placés dans la vie.
A Alexandrie, en Egypte, une église grecque porte le beau nom d’Evanguelismos. Ce mot grec peut se traduire en français d’une double façon, tout en désignant une seule et même réalité : Evanguelismos, signifie « Evangélisation » et il signifie « Annonciation ».
A l’entrée de cette église, il y a une grande icone de l’Annonciation à Marie : une « Annonciation » qui est bien en fait une « Evangélisation ».
L’apparente confusion entre ces deux événements peut surprendre, mais elle se trouve alors supprimée, car on découvre, avec admiration, qu’il s’agit bien d’une même et unique réalité, exprimée par un même mot, celui d’« Evangélisation, Evanguelismos »
L’Annonciation faite à Marie par l’ange Gabriel, fut pour elle son « évangélisation » : ce jour-là, Marie reçut de l’ange la « bonne nouvelle », l’Evangile du Salut, apporté par Jésus qu’elle allait mettre au monde. L’annonciation est bien une « évangélisation », et toute « évangélisation », partout et toujours, est une « annonciation » ; l’annonce que le salut est arrivé pour toute l’humanité : cette annonce ou annonciation, c’est « l’Evangélisation » Evanguelismos.
Aujourd’hui, par la liturgie qui se déroule en ce moment à Rome, tous les hommes sont invités à ouvrir leur cœur à l’amour de Dieu, en le purifiant de la lèpre du péché, et à rendre leur cœur semblable à celui de Marie qui portait en elle, le « Chemin, la Vérité et la Vie ». Amen


Frère Jean-Marie MERIGOUX, o.p.
Article publié le 13 octobre 2013