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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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Tous les Saints

Homélie du frère René QUAN, o.p.

La Toussaint, fête de tous les saints, de tous ceux qui nous ont précédés et qui désormais, pour toujours, proches du Seigneur, continuent de veiller sur nous, de nous « garder », de nous protéger. Ils ont bien mérité du Seigneur, ils constituent pour ainsi dire sa couronne brillante de sainteté, chatoyante de charité, étincelante d’amour. Pour autant, près de Dieu, auprès du Seigneur, ils ne se complaisent pas dans une vision béate mais ils se font nos intercesseurs auprès du Père de toute miséricorde, de tendresse et d’amour : ils forment cette église d’en haut non pas à part, isolée, solitaire mais solidaire, reliée, partie prenante de celle d’en-bas. En fait, tous ces saints, ils n’attendent, ils n’espèrent, ils ne rêvent que de nous voir les rejoindre, d’être réunis à eux, d’être définitivement et pour toujours unis à notre Seigneur et à notre Dieu. A juste titre, nous nous inspirons de leurs exemples, nous nous attachons à les imiter, nous nous contraignons à marcher dans leurs pas et sur leurs traces mais aussi nous leur demandons d’intercéder pour nous, nous comptons sur leurs prières et nous vénérons leur mémoire. Pour nous, pauvres pèlerins de cette terre, les saints sont pour nous ces habitants célestes, ces hôtes d’en haut, cette avant-garde du Royaume des cieux, ces premiers de cordée qui auprès de Dieu veillent sur nous, leurs frères et soeurs encore en pérégrination, et qui sont des graines de saints en puissance, en réalisation et en espérance ! Aussi, en cette Toussaint, nous sommes heureux de fêter, les saints, reconnaissants de leur appui, assurés de leur intercession et dans l’espérance de les retrouver un jour.
La Toussaint, outre la fête des élus, mais vue de notre côté, de notre point de vue, nous qui crapahutons encore sur cette terre, à forcer les choses et toute proportion gardée, pour ce qui relève de notre implication et de notre devoir, elle pourrait se traduire par une Tous-Saints, entendez par-là notre appel, notre vocation et notre devoir à la sainteté. Un appel qui concerne un peuple de saints en devenir ; une vocation qui est celle des enfants de Dieu mais réalisée par la grâce de l’unique Saint, du Seigneur Jésus ; et un devoir, une exigence qui est celle de vivre dans notre humanité l’appel du Royaume, cette charte du Règne de Dieu : les Béatitudes.
Un peuple de saints en devenir, ou pour parler comme dans la 1ère lecture, un peuple d’élus, de rachetés, de sauvés. L’Apocalypse n’est pas un livre de comptabilité, c’est une révélation, précisément celle d’un peuple de Dieu en marche vers son Dieu et qui parvient à la sainteté grâce au sang versé de l’Agneau sans tache, nonobstant les difficultés, épreuves et passions. C’est cet immense peuple de Dieu, de tout horizon, de toute nation, de toute race, de toute langue, tous ces pèlerins de Dieu qui cheminent encore sur la terre des hommes mais qui sont autant de saints en puissance, en réalisation et en espérance, dans leur parcours encore terrestre. Nous sommes de la même étoffe que les saints du ciel. Si nous ne les avons pas encore rejoints, pourtant autant nous ne sommes pas coupés d’eux. Il existe une profonde solidarité entre eux et nous : cette sainteté, en divers état, à différent degré mais de même nature, qui est désir irrépressible de vivre Dieu, tout Dieu, dans nos vies de maintenant par notre ouverture à sa grâce, à son amour et par notre charité les uns envers les autres. Cette sainteté, elle est dynamique, elle est dynamite, car elle puise son origine, sa vigueur et son éclat dans l’oeuvre que le Saint de Dieu accomplit et réalise en nous puisqu’il n’est de sainteté que celle que nous partage le Seigneur, vie d’amour et de charité à laquelle nous sommes conviés et invités. Les saints nous disent qu’il est possible et réalisable, à travers les aléas, les tourments, les épreuves d’une existence banalement humaine de vivre tout Dieu, de vivre d’amour et de charité, dans le Seigneur et en présence de nos frères.
Un peuple de saints dont les parcours, les cheminements et les achèvements sont divers et différents même si engagés sur le même chemin, celui de la vie et du bonheur, dans la même direction, en quête du Seigneur mais qui tous en un point commun, connaissent la même croisée de chemin : connaître et partager la sainteté de Celui qui est l’unique Saint, du Christ le Saint de Dieu. Et notre seconde lecture est explicite, à ce propos : il y a un parallélisme entre notre condition d’enfants de Dieu et notre attachement, notre appartenance et notre union au Fils de Dieu. D’abord, nous ne sommes enfants de Dieu que pour autant que nous sommes attachés au Christ, que nous l’imitons, que nous le suivons envers et contre tout. Ensuite, ce qui a été pressenti, ressenti et vécu ici-bas, dans notre relation avec le Seigneur et dans cette vie terrestre, trouvera son accomplissement lors de la manifestation définitive du Fils de Dieu. Notre qualité d’enfant de Dieu se vérifie et se réalise à l’aune de notre attachement au Christ sauveur. Lorsqu’il se manifestera et reviendra, notre statut d’enfant de Dieu trouvera sa pleine stature, son accomplissement dans notre bonheur de lui être uni pour toujours, dans ce face à face éternel. Notre sainteté d’ici-bas n’existe que rapportée, raccordée au Christ avant que d’être confirmée et authentifiée dans la rencontre définitive et l’union totale avec le Christ glorifié.
S’il faut préciser qu’on n’est pas saint par soi car c’est Dieu qui nous rend saint, de même on n’est pas saint pour soi car c’est celle de Dieu rayonnant en des êtres de clarté et de transparence et se déployant autour de celles et de ceux qui les côtoient, les fréquentent et les révèrent. Toute sainteté est participée de Dieu mais elle est aussi partagée, donc au service de notre prochain !

Enfin, un peuple de saints à l’imitation du seul Saint mais peuple cheminant encore sur cette terre avec cette profonde exigence, les béatitudes. A bien y penser, c’est ce que nous vivons déjà peu ou prou. Les béatitudes sont au coeur de nos vies chrétiennes, de nos saintetés en devenir et en espérance puisqu’elles en sont le passage obligé : au coeur de nos existences mortelles et terrestres, vaincre les pesanteurs, les inerties, les puissances des ténèbres et du mal pour faire jaillir la lumière du Christ Sauveur, par notre façon d’être des témoins qualifiés, d’être ces saints de la Pâque du Seigneur Jésus ! Ces béatitudes marquent le présent de Dieu dans la vie des hommes, de ce monde : appel à la conversion, exigences de pardon, de charité et d’amour, devoir de bâtir un monde plus humain et plus fraternel, désir et souci de Dieu au cœur de nos humanités fragiles, blessées mais toujours croyantes, espérantes et aimantes.
Toussaint, fête de ces témoins de l’amour divin, par leur attachement indéfectible et imitation exemplaire du Christ, dans la mouvance de l’Esprit de charité les associant et les unissant à leur prochain, y participons-nous entièrement ?


Frère René QUAN, o.p.
Article publié le 3 novembre 2013