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Dimanche, 10h30
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Avant la messe dominicale à partir de 10h dans l’église

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Laudes à 07h30 en semaine et à 08h30 le dimanche.
Milieu du jour à 11h50 en semaine.
Vêpres à 19h00
Complies ou vigiles à 20h30
Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

ADORATION DU TRÈS SAINT-SACREMENT
Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

A LA PORTERIE
Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
La porterie est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h15 à 17h du lundi au vendredi.



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trait

Fête de Saint André Bessette, c.s.c.

Homélie du frère Guy Lespinay, o.p.

Introduction

Le 7 janvier est une journée liturgique riche de vitalité. L’on fait mémoire de deux figures qui peuvent inspirer notre action de grâce au Seigneur pour tant d’hommes et de femmes qui ont voulu suivre Jésus, le Sauveur de l’humanité. Nous pouvons en premier lieu réfléchir sur ce temps lumineux de l’Épiphanie où la naissance du Sauveur apporte une grande lumière à une humanité enfouit dans les ténèbres d’un monde qui se cherche. Dieu est avec nous. Il nous éclaire par l’Incarnation de son Fils, épousant notre humanité. Il y a aussi d’autres raisons de se réjouir. Nous célébrons au calendrier liturgique dominicain la fête de Saint Raymond de Penyafort, ancien maître de l’ordre des Prêcheurs, professeur de morale et théologien, qui donna une forte impulsion à notre Ordre.

C’est aussi la fête de Saint André (Alfred Bessette) religieux frère, de la Congrégation de Sainte-Croix. Apôtre infatigable, propageant la dévotion à Saint Joseph, l’époux de Marie, recevant des milliers de pécheurs, de malades, de démunis, à son bureau de portier du Collège Notre-Dame à Montréal au Canada. Après quarante d’accueil il fait construire une petite chapelle sur le flan du Mont-Royal à Montréal où il fonda ce qui deviendra le plus grand sanctuaire à Saint Joseph. On y reçoit 2 000 000 de pèlerins par année venant de partout dans le monde pour honorer saint Joseph et le petit frère André son ami.

1 P 4, 7b-11 ; Mt 11, 25-30

L’Évangile que nous venons d’entendre exprime de manière très claire que le Sauveur que nous accueillons en ce temps de Noël vient vers les tout-petits, les faibles, les doux et les humbles. Pas de fanfaronnade de la part de Celui qui vient sauver l’humanité. Les petits ont besoin de Dieu. Jésus les appelle à aller vers Lui. Le repos qu’il offre, entre autre chose, est sa Parole qui sauve. C’est dans cette Parole que nous trouvons le repos car elle est libératrice. Elle nous permet de mieux connaître le dessein de Dieu sur l’humanité et sur nous-même.

Dieu adresse son message à ceux qui d’abord sont ignorants des choses qui dépassent l’entendement. Les visiteurs de l’enfant naissant étaient des curieux et des songeurs. Non que les sages et les savants soient exclus du salut, mais bien plutôt parce que les naïfs, les pauvres d’esprit, les doux, les affligés, les malades, ont besoin de sentir que Dieu les aime et veulent mieux le connaître. Ils sont en manque et ont besoin de donner en sens à leur fragilité, à leur souffrance, à leur pauvreté.

Le frère André (Alfred Bessette), frère non-prêtre de la congrégation de Sainte-Croix, était l’un de ces pauvres qui n’avaient rien à offrir à Dieu et tout à recevoir de lui. Orphelin à l’âge de 11, il est ballotté d’une famille à l’autre et aidé par des bienfaiteurs. De santé fragile, et peut-être par manque d’intérêt, il ne saura jamais lire ni écrire. Il va travailler aux États-Unis dans les usines de cotons où l’on engage de nombreux Canadiens. Pendant cinq années il est embauché par quatre employeurs différents et il est renvoyé par chacun d’eux pour cause de mauvaise santé.

De retour chez des parents puis chez le maire de son village qui l’accueille chez lui, il essaie en vain de devenir cordonnier puis boulanger. À l’âge de 25 ans le curé de sa paroisse, voyant sa piété, lui conseille de faire sa demande pour entrer dans la Congrégation de Sainte-Croix, des religieux tout juste arrivés dans sa paroisse pour l’éducation des enfants. Alfred, sceptique à cause de sa santé et de ses manques d’aptitudes, acquiesce à la demande de son curé qui lui dit que cette congrégation avait aussi dans son sein des frères voués aux travaux manuels.

Entré au noviciat, il est refusé à la profession temporaire. Il sera finalement accepté aux vœux sous la pression de certains qui comme son curé voyait en lui un saint. Son maître des novices fera alors la remarque : il ne pourra pas beaucoup travailler, mais il saura bien prier. Malgré ses handicaps et du fait qu’il ne sait ni lire ni écrire, ont le nomme portier du Collège Notre-Dame à Montréal, lui confiant comme tâches additionnelles la buanderie, le ménage, la sacristie et les courses. Malgré une faible santé et était heureux de se dévouer.

D’une grande piété, il nourrissait une fervente dévotion à la passion de Jésus, faisant tous les jours sont chemins de croix, méditant dans la chapelle la nuit, récitant son chapelet avec ferveur. Son œuvre principal fut l’accueil de toutes les misères humaines, d’abord au Collège puis ensuite dans sa petite église en bois qu’il avait fait construire sur le flan du Mont Royal.

Il visitait les malades à domiciles lorsqu’il était libre. Il n’était pas dépourvu d’humour. Il dira un jour : Quand je suis entré en communauté, mes supérieurs m’ont mis à la porte et j’y suis resté quarante ans sans partir ! Décédé à 91 ans, lui, le petit de taille et de santé fragile, attira autour de son cercueil pour lui rendre hommage, un million de personnes. Cent milles personnes participèrent aux obsèques au grand froid de l’hiver, aucune église ne pouvant les contenir.

Rendons grâce à Dieu fait des merveilles de tous ces petits de la foi, qui avec un cœur aimant savent servir le bon Dieu dans tous ceux et celles qu’ils rencontrent. Demandons au frère André (nom de religieux) d’intercéder pour nous afin que nous puissions dire un jour comme lui : Dieu est bon ! Comme il est beau et puissant ! Il doit être vraiment beau puisque l’âme, qui n’est qu’un reflet de sa beauté, est tellement belle ! Encore aujourd’hui, on invite les visiteurs et les pèlerins à venir à son sanctuaire honorer saint Joseph et à rencontrer l’ami, le frère, le saint qui les attend toujours comme il le faisait autrefois.


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 8 janvier 2014