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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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3e Dimanche du Temps de l’Eglise

Homélie du frère Timothée Lagabrielle, o.p.

Il y a des passages de la Bible qui semblent plus faciles que d’autres à actualiser. Prenons la seconde lecture d’aujourd’hui : le passage du début de la première épitre aux Corinthiens. Vous vous souvenez : l’Église de Corinthe était marquée par des disputes entre des partis et saint Paul leur demande : « Le Christ est-il donc divisé ? » (1Co 1, 13). Il n’est pas très difficile de transposer ce texte dans notre quotidien et on imagine saint Paul écrivant aux marseillais en leur disant : « Chacun de vous prend parti en disant : ″Moi, je suis des Dominicains″ ; ″Moi, je suis des Réformés avec le Père Zanotti″ ; ″Moi, je suis de la forme extraordinaire du rite romain″, etc. Et alors ? Le Christ est-il donc divisé ? »
Que conclure de cela ? Que la diversité est très mauvaise, qu’il ne faut pas être fidèle à un seul lieu de culte et que pour éviter les disputes il faut changer d’église chaque dimanche ? Non ! C’est un peu plus subtil, alors reprenons la question de l’unité et de la diversité.

Quand Jésus commence sa prédication, nous venons de l’entendre, il n’annonce pas le Royaume de Pierre ou de Paul, ni celui du Père Zanotti, ni celui des Dominicains, mais il annonce le Royaume de Dieu. Ce n’est pas le règne d’un groupe humain particulier mais un Règne universel. L’unité est première.
Mais de quelle unité s’agit-il ? Il s’agit, dit saint Paul, d’être « étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée » (1Co 1, 10). C’est une unité qui est spirituelle, une unité par la foi et la charité.
Être chrétien c’est vivre la vie divine, c’est pouvoir dire : « Pour moi, la vie c’est le Christ » (Ph 1, 21) ou « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Et quand je dis cela, un autre chrétien à côté de moi dit : « Pour moi aussi c’est pareil ». Nous vivons l’un et l’autre de la même vie divine. Nous partageons la même connaissance et la même volonté ; la même foi et la même charité. Voilà de quelle unité il s’agit.

Mais, cette vie divine est trop grande pour nous, elle est faite à la taille de l’infinité de Dieu. Et ce qui existe en Dieu infini d’une façon unie va exister dans la diversité en nous qui sommes finis et limités. L’infinie bonté de Dieu se retrouve comme diffractée en une multitude de choses bonnes, en une multitude d’hommes bons. Et chacun de nous va vivre l’unique vie divine d’une façon particulière parce que chacun de nous est particulier. Nous avons notre caractère propre, notre histoire propre (et même notre Histoire Sainte propre puisque chacun de nous a reçu l’Évangile d’une façon particulière). Nous ne pouvons pas tout avoir, ni être tout. Nous ne sommes pas universels. Jésus lui-même, par son Incarnation est particulier. Il est d’un endroit – de Nazareth – et il s’installe à un endroit – à Capharnaüm.
L’unité que Dieu désire pour nous n’est pas l’uniformité. Jésus ne veut pas que nous soyons tous pareils. Au moment où il appelle ses apôtres, il commence déjà à distinguer des groupes de chrétiens. Certains sont apôtres, d’autres prophètes, d’autres pasteurs,… (Cf. Ep 4, 11 et 1Co 12, 28). Ses apôtres ont des caractères différents. Et Jésus ne les appelle pas tous de la même façon. Ce n’est qu’à Simon-Pierre et à André qu’il dit : "Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes" (Mt 4, 19). Les fils de Zébédée sont aussi pêcheurs, mais Jésus ne les appellent pas de cette façon.
L’unité à laquelle nous sommes appelés n’est pas l’uniformité car il y a plusieurs façons de vivre la même vie chrétienne. Radicalement c’est la même vie, mais la façon d’agencer les différents éléments essentiels ou bien l’accent sur tel ou tel élément est propre à chacun de nous. Chacun de nous a une façon unique et propre à lui de rendre concrète la vie chrétienne.
C’est la même foi, mais pas forcément la même expression de la foi.
C’est la même prière, mais pas forcément la même expression de la prière.

Cette diversité est bonne (et il est même nécessaire que l’on soit de quelque part), mais elle peut aussi nous gêner ou même nous empêcher de voir ou de vivre l’unité. C’est que l’unité n’arrive pas toute prête. Nous avons à la construire. Et cela nous demande de prendre le temps de découvrir ce cœur commun par-delà les différences extérieures, les différences de formulations. C’est cela le travail de l’œcuménisme. Et c’est le même travail que nous faisons aussi dans nos familles, dans un couvent ou dans tout groupe. Prendre le temps de discuter, de se livrer. Prendre le temps de se rencontrer vraiment. Découvrir qu’il est bon que l’autre ne soit pas comme moi. Découvrir ses richesses et s’en émerveiller.
Chers amis, prenons ce temps. Et tout particulièrement si nous sentons que l’unité n’est pas bien faite dans certains secteurs de notre vie. Quand nous voyons ce qui nous sépare, prenons le temps de découvrir ce qui nous unit.


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 26 janvier 2014