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Solennité des Rameaux

Homélie du frère Pierre-Etienne Veiller, o.p.

La fête des rameaux nous fait entrer dans cette semaine Sainte et déjà le malentendu est là, le paradoxe surgit. Cette fête des Rameaux avait un couleur de puissance, de gloire tout à l’heure dans la cour du couvent, la foule avait préparé des brassées de feuillages, des manteaux, pour acclamer d’une voix unanime le Messie. Or, la Passion que nous allons entendre maintenant va nous aider à lever ce malentendu et nous plonge dans solitude du Christ, tout au long de cette semaine.
Oui, Jésus est seul aujourd’hui alors qu’il entre triomphalement à Jérusalem, Il sait que cet accueil est plein d’ambiguïté et il sait aussi qu’Il signe son arrêt de mort, il sait que l’Heure est venue.
Car cette entrée à Jérusalem va cristalliser les positions, va endurcir les cœurs. Ceux des grands prêtres, qui vont voir en Jésus un réel danger contre l’ordre établi, ils ont vu le peuple être bouleversé par la retentissante résurrection de Lazare et ont décidé de le mettre à mort. Le cœur de Judas, va aussi s’endurcir, contre lui-même et c’est sa tragédie, lui qui voit enfin se réaliser son espoir de voir Jésus devenir chef de guerre : Barabbas est en prison, Judas voit en Jésus quelqu’un capable de prendre la relève. Imaginez… Le chef de guerre idéal : Non seulement le chef, qui par sa parole motiverait les troupes tant elle parle aux cœurs, mais aussi le médecin qui va guérir en un coup de salive, nos blessés, voire ressusciter nos morts, comme il l’a fait pour Lazare. En trahissant Jésus, Judas pense peut être le mettre en situation de l’obligation se défendre en utilisant ses pouvoirs surnaturels car Jésus le lui toujours refusé. Son Royaume n’est pas de ce monde, ne cesse-t-il de répéter incompris, seul…

Oui, Jésus est seul pour instaurer son royaume qui n’a rien à voir avec ceux de ce monde. Sa civilisation de l’amour ne nécessite aucune puissance, aucune force, il ne demande qu’une adhésion de l’intelligence et de la volonté, et une mise en pratique : "Celui qui m’aime gardera ma parole et nous ferons en lui notre demeure".
C’est à la fois simple et compliqué.
Simple, car aimer est ce que à quoi nous aspirons tous. C’est le désir le plus enfoui, le plus intime de nos cœurs. Compliqué, parce que personne ne pourra nous obliger à aimer, aucune loi, aucune pression, aucune torture, aucune démonstration de force, ne peut nous ravir notre amour, nous sommes libres de le donner et nous savons celui qui règne sur les cœurs, est à la tête d’un royaume plus puissant. Tout simplement parce qu’il règne sur tout l’être entier et quand leur cœur est touché, que peut-on faire de plus ?

Pour toucher nos cœurs durant cette semaine, Il réalise, accomplit ce qu’il dit, par des gestes, des actes, des paroles, empreints de douceur et d’humilité qui ne font qu’accroître sa solitude car la douceur et l’humilité, n’ont jamais eu la côte…

Il est seul le soir du jeudi saint quand il lave les pieds de ses disciples qui ne comprennent pas, ils veulent un un maître, lui veut être ses amis. "Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Ce que je fais maintenant, tu le comprendras plus tard. Vous m’appelez seigneur et maître, et je le suis. Si donc moi le maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres, c’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez de même". La charité est la clé de voûte du Royaume institué par Jésus.

Il est seul quand il donne a ses disciples hagards son corps et son sang, qui son le gage de l’institution de ce royaume : "Je vous le dis en vérité, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai nouveau dans le Royaume de Dieu". Son corps et son sang qui nous transforment et nous donnent de lui ressembler, en notre corps et en notre âme et nous dispose à l’entrée de son Royaume

Le Christ est seul devant Pilate qui ne comprend pas et qui est le symbole de l’opposition irréductible des deux royaumes, l’amour qui se donne et la force qui s’impose ne pourront jamais s’entendre.

Il est seul face à ses bourreaux, qui s’acharnent contre lui…

Il est seul quand il siège suspendu sur le trône de sa Croix, couronné d’épines.

Il est seul quand il a soif d’abreuver le monde, qui ne veut pas de Lui.

Seul sur le trône de sa Croix, il est on ne peut plus Roi, il règne par l’amour qui se donne totalement ; de son cœur vont sortir de l’eau et du sang, qui vont abreuver le bon larron, premier sujet de son royaume nouveau, lui a compris qu’il ne serait plus jamais seul, dans la noirceur de son péché .

Enfin, Il entre seul dans la froideur du tombeau, pour ouvrir les tombeaux ou nous gisons seul.

Seuls nous le sommes souvent, face aux difficultés de nos vies, face aux épreuves, dans nos familles, cella de la maladie, du chômage, face à la mort, la nôtre ou celle de ceux que nous aimons. Nous sommes seuls face à ces grandes questions existentielles qui se posent aujourd’hui et, toujours de manière brutale et pourtant le Christ nous rejoint dans toutes ces épreuves, car il les a toutes traversées et il les traverse avec nous si nous le laissons faire.

Jésus nous donne aujourd’hui une réponse, celle de la foi et de l’amour qui se donne, seuls capable de vaincre toutes ces forces obscures de désespoir et qui veulent nous détruire. Alors pendant cette semaine frères et sœur, nous le contemplons ouvrir ce royaume, vers lequel nous marchons. Il nous donne la foi, c’est la foi qui a agité et qui agite les rameaux que nous tenons aujourd’hui, c’est la foi qui les fait s’élever afin d’acclamer cet unique sauveur, par qui toute l’humanité va pouvoir enfin, enfin, entrer dans la vie éternelle. Et c’est pourquoi, frères et sœurs, à chaque fois que vous regarderez ce brin d’olivier coincé sur votre crucifix, pensez que ce rameaux, avant d’être le signe d’une bénédiction divine, d’une protection, vous vous en êtes servis pour acclamer le Christ, et manifester ainsi qu’il est votre ami, votre roi, votre avenir.
Il est notre seul avenir, non seulement si vous croyez en lui mais aussi si vous l’aimez. Le Christ, réalise tout cela car il veut faire sa demeure en nos cœurs et seul moyen de ne plus être seul, alors nous réalisons que nous sommes appelés à un avenir meilleur et radieux. Cet avenir c’est l’amour. Il ne s’agit pas seulement d’adhérer, mais il faut aimer. Alors aujourd’hui alors que nous sommes plus nombreux que d’habitude, redisons-nous combien nous voulons aimer Jésus, lui qui a tant fait pour nous. Et combien nous voulons l’aimer davantage et le dire au monde qui ne le connaît plus.
Que ce rameau que vous allez rapporter chez nous soit un appel pour chacun de nous à acclamer le Christ, à la proclamer partout ou nous serons. En le priant quotidiennement, en lisant le saint Évangile en communiant, en aimant les malheureux et en redonnant le Christ à notre pauvre humanité qui ne sait plus ou elle va et qui acclame n’importe qui.

Frères sœurs soyez fiers d’être chrétien, aujourd’hui Jésus nous appelle à la fidélité de l’amour qui se donne totalement. Jésus nous invite à le suivre sur ce chemin et pas un autre durant cette semaine sainte, celui de la contemplation de ce qu’il accomplit devant nous. Notre émerveillement comblera son cœur. Ne le décevons pas.


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 13 avril 2014