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7e Dimanche de Pâques - Année A

Homélie du Frère Jean Marie Mérigoux, o.p.

Il y a quelques jours, lundi dernier, au terme de son pèlerinage en Terre Sainte, le pape François, à Jérusalem, s’est rendu au Cénacle, cette « chambre haute » évoquée par les Evangiles et les Actes des Apôtres.
Grâce à la télévision, nous avons pu voir la réitération d’événements fondateurs du christianisme : le successeur de l’apôtre Pierre célébrait l’Eucharistie, entouré de Patriarches, d’évêques, de prêtres et de laïcs, exactement là, où, il a 2000 ans, Jésus célébra l’Eucharistie et institua le sacerdoce, là, il pria afin que l’unité de ses disciples soit de plus en plus parfaite.
L’évangéliste saint Jean, durant cinq chapitres de son évangile, a fait le récit détaillé du repas du Seigneur, la Sainte Cène du Jeudi Saint, et nous a fait connaitre l’enseignement que Jésus donna après avoir lavé les pieds de ses disciples : l’allégorie de la vigne et du vigneron ; comment trouver « le chemin, la vérité et la vie » ; sa promesse d’envoyer le Saint Esprit, et puis la longue prière de Jésus, la « prière sacerdotale », révélatrice des pensées de son Cœur, prière dont nous venons d’entendre les premiers mots. Après sa Résurrection, c’est encore au Cénacle, que Jésus se manifesta aux disciples, et c’est là aussi, qu’après l’Ascension, nous disent les Actes des Apôtres, ils se réunirent pour prier : « Après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, les apôtres retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem et ils montèrent à l’étage de la maison…d’un seul cœur ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus.. ». C’est encore dans cette « chambre haute », qu’à la Pentecôte, l’Esprit-Saint fit de ces disciples les porteurs de la Bonne Nouvelle dans le monde entier.
En ce septième dimanche de Pâques, entre l’Ascension et la Pentecôte, la liturgie nous invite à découvrir ou à redécouvrir la grande prière que fit Jésus, tout en célébrant cette Pâque qu’il avait « ardemment désiré manger avec ses disciples ». L’évangéliste saint Jean, qui fut le témoin de cette prière a remarqué que Jésus avait prié « en levant les yeux au ciel » : jusque-là il dialoguait avec ses amis, mais, par ce geste, il leur montra qu’il s’adressait maintenant à son Père : toutefois il pria à haute voix, afin d’associer ses disciples à ce dialogue intime : « Je vous appelle amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaitre ».
Et voici que cette « Heure » évoquée par Jésus lors des noces de Cana, était maintenant arrivée : Jésus avait dit à sa mère : « Mon heure n’est pas encore venue ». Mais cette heure qui est maintenant venue Jésus ne l’envisage pas principalement comme celle de la souffrance, c’est avant tout pour lui l’heure qui va être celle de la glorification du Père par son Fils et elle sera aussi celle de la glorification du Fils par le Père. « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, par le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés… La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu ... et c’est connaitre celui que tu as envoyé, Jésus- Christ ».
L’événement qui va glorifier le Père c’est le triomphe de Jésus lorsqu’il va ramener à son Père l’humanité qui gisait à l’ombre de la mort et était qui devenue ennemie de Dieu. Jésus a voulu donner la vie éternelle à tous ceux que le Père lui avait donnés afin qu’il les sauve, en conformité avec la mission reçue de son Père. « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ».
Par sa victoire pascale Jésus, le Sauveur, va ramener au Père l’humanité, la brebis perdue, et, sur ses épaules, ce n’est plus la croix qu’il portera mais la brebis retrouvée, pour la plus grande joie dans le Ciel. Se faire homme, s’incarner, pour le Fils éternel du Père ç’avait été prendre une humble condition, ce fut un immense dépouillement, une kénose ; c’était se charger du péché du monde et aller au-devant d’une infinité d’humiliations ; c’était prendre la place du condamné qui du fait d’une tragique catastrophe spirituelle, avait été défiguré par le péché ; c’était descendre parmi les pécheurs afin de les relever : « Le Fils de Dieu est descendu sur terre au point d’y être enterré ».
Mais le Père a glorifié son Fils, il ne l’a pas laissé au tombeau, il l’a ressuscité et il l’a fait asseoir à sa droite, et cette place est désormais celle de notre grand Prêtre éternel qui intercède pour nous : « Je prie pour eux, ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu l’as donnés ». Cette présence glorieuse de Jésus auprès du Père est l’annonce de la glorification future de toute l’humanité qui sera, elle aussi, ressuscitée et glorifiée.
Notre sanctification sera l’œuvre de l’Esprit Saint promis par Jésus, c’est lui qui nous conduira à la vérité tout entière : « Il me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part ». Désormais, l’Eglise et chacun de nous dans l’Eglise, peut et doit glorifier le Père et le Fils grâce à l’Esprit Saint, le sanctificateur, qui nous est donné, lui « qui est Seigneur et donne la vie, qui procède du Père et du Fils ».
Pour nous, dans nos vies quotidiennes, les manières de glorifier le Père, le Fils et le Saint Esprit sont nombreuses et variées. Il y a tout d’abord la prière des lèvres et celle de notre bouche qui doit conduire à la prière du cœur « Elevons notre cœur » : chaque fois qu’à la messe nous chantons le « Gloria in excelsis Deo », nous glorifions Dieu, et de même, lors des inclinations liturgiques nous disons : « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit », nous glorifions le Seigneur, et lorsqu’à l’office des Vêpres nous chantons le Magnificat, nous glorifions le Seigneur avec la Vierge Marie.
Par toutes nos existences nous devons rendre gloire à Dieu, au cœur du monde, là où nous sommes, en tant que « lumière et sel de la terre ».
Dans notre vie ne soyons pas semblables à des touristes superficiels qui jouissent des merveilles du monde mais oublient de se tourner vers le Créateur pour le remercier et pour lui rendre Gloire pour les merveilles de sa création : avec le psaume sachons dire en toute intelligence et conviction : « Toutes les œuvres du Seigneur bénissez le Seigneur : à lui haute gloire, louange éternelle ! ». Que l’astronome et le physicien louent le Seigneur pour l’immensité du cosmos et ses lois ; que le chimiste et le biologiste s’émerveillent devant la beauté de la nature humaine et de l’infiniment petit qu’ils observent avec leurs microscopes dans le silence des laboratoires et là qu’ils en rendent aussi gloire à Dieu.
En tous temps, il nous faut rendre gloire à Dieu selon le désir de Jésus manifesté dans son Evangile : « Ainsi votre lumière dit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux ». Le témoignage de la vie des disciples de Jésus doit chanter la gloire à Dieu et être une prédication évangélique du Royaume de Dieu. Innombrables sont les témoignages, connus ou inconnus, de ceux qui au cours de l’histoire de l’Eglise, ont été des « artisans de paix », des « assoiffés de justice », les familles chrétiennes, des jeunes, étudiants ou travailleurs, des ainés qui dans leur vie quotidienne et dans leur milieu social ont témoigné du Christ.
Saint Pierre dans la deuxième lecture de la messe a évoqué ceux qui communient aux souffrances du Christ et il leur dit : « Réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous ». Aux enfants de Dieu qui souffrent pour le Christ, saint Pierre déclare : « Si c’est comme chrétiens que vous avez souffert, rendez gloire à Dieu ». Ces enfants de Dieu peuvent dire à leur manière la prière de Jésus : « Père Glorifie ton fils afin que ton fils te glorifie ».
Dans cette belle église nous sommes réunis ce matin un peu comme les Apôtres l’étaient au Cénacle, ils priaient après la montée au Ciel de Jésus, dans l’attende de la venue de l’Esprit Saint et maintenant comme au Cénacle, nous sommes invités à participer au banquet du Seigneur quel que soit notre âge puisque nous y sommes invités par la grâce de notre baptême


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 1er juin 2014