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29 dimanche du Temps Ordinaire -

Homélie du frère Denis Foucher, o.p.

Frères et sœurs, l’évangile de ce jour se termine par cet appel de Jésus : « Rendez à César ce qui à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Une lecture rapide pourrait nous faire conclure qu’il faut bien distinguer entre le domaine politique et le domaine religieux et qu’il n’y a pas à rechercher de lien entre les deux. Reconnaissons qu’il serait dommage d’en rester là et d’oublier en particulier combien le Concile Vatican II a beaucoup étudié cette question. Quiconque prend le temps d’y réfléchir découvre au contraire ce lien important à faire dans notre vie entre le domaine politique et le domaine religieux. L’évangile d’aujourd’hui nous y aide.
Rappelons-en le contexte.
En entrant solennellement à Jérusalem et suivi par une foule qui l’acclame, Jésus commence en fait l’ultime étape de sa vie sur la terre. Des pharisiens et des partisans d’Hérode veulent sa mort. Ils n’hésitent pas à lui tendre un piège en lui posant cette question : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César ? ». Le piège est redoutable. Répondre non aboutirait à être dénoncé aux autorités ; répondre oui serait être disqualifié vis-à-vis de tous ceux qui le suivaient comme étant ce Messie très attendu pour libérer Jérusalem de l’occupation romaine.
Jésus savait la perversité de ses interlocuteurs. Il les traite donc d’hypocrites mais accepte de réfléchir avec eux sur cette question à tel point que ceux qui l’ont interrogé furent très étonnés de sa réponse et s’en allèrent en silence.
Jésus en effet ne répond pas à la question mais demande à ce qu’on lui montre la monnaie de l’impôt. Il sait très bien que la plupart des juifs utilisaient la monnaie de César même s’ils devaient s’en abstenir dans le Temple. Or cette monnaie portait une représentation du buste de l’empereur joint à une inscription le divinisant. Quant bien même les gouverneurs romains, par respect de la sensibilité des juifs, ne frappaient sur leur territoire que des monnaies sans image, l’impôt impérial devait être payé par la pièce qui faisait scandale pour les juifs.
Jésus ne répond donc pas à la question posée mais il élargit la réflexion en disant : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Les interprétations de cette phrase sont nombreuses mais elles convergent sur l’essentiel. Retenons-en trois approches
1ère approche : Rendre à César ce qui est à César, c’est être réaliste en reconnaissant une situation de fait, celle du régime politique dans lequel nous vivons. C’est aussi reconnaitre l’autonomie du domaine politique par rapport au religieux, étant bien entendu qu’autonomie ne veut pas dire séparation. C’est Dieu qui permet à ces pouvoirs d’exister comme Jésus le disait à Pilate au moment de son procès. S’immerger dans le domaine politique au sens large est une obligation car on ne peut servir Dieu sans cette indispensable médiation humaine.
2ème approche : Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est reconnaître qu’il n’y a qu’un seul Dieu et qu’il est blasphématoire de diviniser le pouvoir politique. En l’an 80, les chrétiens ont ainsi appris à se situer dans l’Empire romain. Il devait se soumettre aux autorités politiques aussi longtemps que l’état ne prenait pas la place de Dieu en se faisant adorer ou en légalisant des formes d’injustices incompatibles avec l’évangile. Notre société est secouée par de grands débats sur la vie et sur la famille. Nous avons comme chrétiens le devoir de discerner ce qui est compatible avec l’évangile et ce qui ne l’est pas.
3ème approche : Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est enfin découvrir que la seule image de Dieu est l’homme vivant car Dieu créa l’homme à son image et ressemblance (Gn 1,26). C’est en Jésus que ce mystère se réalise pleinement afin que l’homme apprenne en lui à vivre pleinement pour Dieu. Nous devons le suivre en faisant du domaine politique un lieu où la loi de la morale doit se manifester de plein droit. Il faut aussi en faire un lieu d’exercice de la charité et non d’abord de la recherche de l’argent ou du pouvoir car on ne peut pas servir Dieu et l’argent. Il faut choisir pour entrer dans le vrai chemin de la joie, de la vérité et de la vie avec Dieu. Amen.


Frère Denis FOUCHER, o.p.
Article publié le 19 octobre 2014