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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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Jour de Noel

Homélie du frère Pierre-Etienne Veiller, o.p.

Frère et sœurs,
La révolution est en marche. Dans le silence du matin de Noël, C’est ce que nous célébrons aujourd’hui, la révolution de l’amour. En s’incarnant le Christ a re-initialisé le grand commencement de la création de monde. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, aujourd’hui le prologue de Jean, nous plonge dans cette dynamique des commencements, car nous y sommes, depuis hier au soir. Célébrer la Nativité du Christ, c’est célébrer les re-commencements d’un monde, défiguré par le péché, par la violence, le sang versé et par la mort. C’est avoir la certitude que malgré les apparences, la mort n’a pas le dernier mot, mais ne l’a-t-elle jamais eu ?
Cette révolution de l’amour, elle a un nom : Incarnation ! Tout simplement parce que par sa venue au monde le Christ nous donne le pouvoir, si nous le recevons, de devenir enfant de Dieu : « Il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, ceux qui croient en son nom ».
Notre Seigneur Jésus Christ nous rouvre le chemin de l’intimité avec Dieu, seule capable de nous protéger des ténèbres, seule capable de nous préserver du péché et de la mort. Alors oui, aujourd’hui nous célébrons notre salut, car le Christ vient nous montrer le chemin pour nous libérer du péché et de la mort. Nous célébrons la joie d’un ré-enchantement du monde et de nos âmes, car nous savons que nous sommes sauvés, si nous l’accueillons.

Notre révolution n’a qu’un seul mot d’ordre ! Oui, si nous voulons être de ces révolutionnaires d’un genre nouveau : Incarnez vous ! Incarnez vous ! Ou plus exactement : Incarnez-vous en vous laissant incarner par le Christ.

Incarnez-vous ! Mais comment faire ?

En Le contemplant : "Il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité". C’est dans la douceur de ce matin de Noel, où nous rencontrons Marie et Joseph dans la crèche que nous nous laissons saisir par l’amour qu’ils portent à leur enfant. Il est la Grâce même, il est la Vérité. Apprenons à aimer la Vérité comme une personne dans nos vies. C’est quand il commence à y avoir du mensonge et des non dits, que les choses commencent à se gâter. Bannissons le mensonge, les faux semblants, l’hypocrisie.

Incarnez-vous ! Mais comment faire ?
En retrouvant le chemin de la contemplation, de l’émerveillement des joies simples, nous pouvons donc retrouver le chemin de l’enfance car Dieu a pris ce chemin pour venir à notre rencontre. Il va nous donner le plus beau des cadeaux de Noël : La Vie éternelle…qu’avons-nous attendre de plus, serions nous fous de ne pas réaliser cela ?

Ce cadeau nous pouvons le recevoir en L’écoutant, Lui, Jésus. La Parole faite chair, a parlé et nous l’avons entendue. Cette parole de Dieu, qui est venue jusqu’à nous, possède en elle une puissance créatrice inouïe ! Cette parole de Dieu, qui recrée, nous la retrouvons dans toutes ces paroles d’amour qui font œuvre d’incarnation et que nous nous donnons, dans notre vie quotidienne, au jour de notre mariage, au jour de notre profession religieuse, à chaque fois que nous nous pardonnons les uns aux autres, chaque fois que nous nous encourageons. Aujourd’hui nous attestons que l’amour existe, que nous pouvons le rencontrer et que cette rencontre peut transformer votre vie. A tous les sceptiques, à tous les désabusés - et nous sommes tous un peu, et il y en aura beaucoup qui diront que la venue du Christ n’a rien changé - Noel rappelle qu’il y autre chose dans la vie, autre chose dans les relations humaines, que les ruses de l’égoïsme ou les calculs de l’intérêt, le rapport de force. Il y a du gratuit - la confiance, le don de soi, l’amour quoi ! -, quelque chose qui ne s’impose pas par la force ni ne s’achète par l’argent. « Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l’amour, ne recueillerait que le mépris ». Il n’aurait rien compris au mystère de l’amour. Car, voyez-vous, être aimé, avoir du prix aux yeux de quelqu’un et Dieu nous dit que nous avons du prix a ses yeux ce matin puisqu’il nous donne son Fils, ce n’est pas un droit, encore moins une conquête. C’est gratuit. Or, à cette grâce d’être aimé, il n’est d’autre réponse que d’aimer à son tour. Tout aussi gratuitement. L’amour appelle l’amour, le don appelle le don. Jésus commence sa vie terrestre, pour nous apprendre à nous donner de cette manière là.

Jésus aujourd’hui se donne de manière très particulière, il est si vulnérable dans cette crèche qu’il va même jusqu’à accepter de nous voir refuser ce don. L’enfant de la crèche ce matin est dépendant de nous, l’enfant de la crèche ne peut grandir si on ne le nourrit pas, ne le lange pas, cet enfant de la crèche, il est aujourd’hui, le 25 décembre 2014 en nous :

Et c’est la que surgit le Baptiste au matin de Noel : Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; le Baptiste nous renvoie aux exigences de cette grâce inouïe, de ce don de notre Baptême, seul lieu de configuration à l’amour du Christ, c’est d’ailleurs par le baptême du Christ que se terminera notre temps de Noël. Le mystère de la Nativité du Christ que nous célébrons, ne peut nous rejoindre, au plus profond de notre être que s’il se déploie et trouve sa réalisation en nous, par le baptême. Dieu se donne et par le baptême, il nous donne un corps spirituel configuré à la Croix du Christ, signe le plus éminent du don chrétien. Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Le baptême nous dispose à nous donner comme le Christ s’est donné.
Mais si le baptême c’est le seul moyen pour nous libérer de ce qui nous sépare de dieu, de la haine de la violence du péché, la présence du Christ par son Esprit en chacun de nous, est fragile comme le petit enfant de la crèche, qui est devant nos yeux ce matin. Il s’agit pour nous de faire grandir ce corps spirituel qui va nous permettre de ressembler au Christ et qui va constituer son Église.
Alors rien n’a changé ? Mais si tout a changé, car le Christ est présent en chacun des baptisés et peux tout changer si nous le laissons grandir en nous et faire son œuvre de recréation de notre être, pour être à son image et ressemblance. Rien a changé, mais si tout a changé, il s’agit de voir combien l’Église a pacifié les sociétés, regardez combien la société à l’époque de Jésus était violente, le massacre des Innocent, donne à jésus le titre de « rescapé », il rejoint a ce titre tous nos frères persécutés dans notre monde aujourd’hui. La religion polythéiste de l’empire romain, a persécuté avec un acharnement spécifique le christianisme, coupable de refuser l’encensement de l’empereur comme figure divine. La réponse s’exprima dans le témoignage non-violent et l’acceptation du martyre chrétien.
Alors rien n’a changé ? Tout a changé ! L’eucharistie que nous allons célébrer maintenant est aussi le signe que le sang versé, le sacrifice sanglant au nom de Dieu n’est plus la manière d’honorer Dieu. Jésus en personne le rappelle, les interprètes les plus autorisés de la parole de Dieu – à commencer par Moïse lui-même (que vous adit Moïse) – sont restés eux aussi conditionnés par un cadre anthropologique pour nous insupportablement violent–d’une conception archaïcho-sacrale de l’honneur et du sacrifice, du conflit et de la représaille, de la guerre et de la conquête. Ces représentations, volent aujourd’hui en éclat. Jésus vient apporter la paix. Lui verse son sang une fois pour toute. La Messe, acte de don ultime du Christ, sacrifice non sanglant, devient un signe de l’amour miséricordieux et pacificateur de Dieu qui nous dispose à nous offrir totalement au Seigneur.

Ne perdons pas de temps, incarnons nous en nous laissant incarner par le Christ, afin de faire gronder dans la monde la révolution de l’amour et de la paix et faire mentir tous les désabusés et les violents de la terre.


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 25 décembre 2014