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Baptême du Christ

Homélie du frère Jorel FRANCOIS, o.p.

Du ciel, la voix se fit entendre : « tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie »
Sœurs et frères, comme vous pouvez vous en rendre compte, nous avons ici affaire à une théophanie, une manifestation divine. Depuis Noel, Dieu ne cesse de se manifester, de venir nous rejoindre. C’est déjà le cas à travers l’enfant couché dans la mangeoire, c’est encore le cas avec l’étoile qui guidait les Mages d’Orient vers Bethléem ; c’est aujourd’hui le cas avec le baptême de Jésus dans le Jourdain.
Vous avez sans doute noté la discrétion de Marc au sujet des événements antérieurs au baptême : pas d’annonciation faite à Marie ou/et à Joseph, pas de visite à Élizabeth, pas de voyage de Joseph et de Marie vers Bethléem pour motif de recensement, pas de naissance miraculeuse, pas de messagers célestes annonçant la divine nouvelle aux bergers, pas d’étoile et de mages venus de loin pour adorer l’Enfant-Dieu. Tout commence en revanche avec la prédication de Jean le Baptiste.
La voix du Baptiste tonne. Dans le désert, sa voix étonne. Et les juifs de toute part accourent se faire baptiser. Le petit univers intertestamentaire est secoué. Les prêtres de Jérusalem, ébranlés peut-être dans leur pouvoir, envoient demander ce qu’il en est. Jean est pressé de dire à partir de quel lieu il parle, avec quel mandat il baptise ; Jean est sommé de s’identifier, de répondre !
À ceux qui lui demandèrent s’il était le Messie, Jean ne s’est pas dérobé mais confessa ouvertement : Je ne le suis pas, je suis seulement celui qui vient devant ; je ne suis pas l’époux, je suis seulement l’ami de l’époux.
Tandis que la controverse battait son plein et que des juifs de tout horizon consentirent d’entreprendre une démarche de conversion, voilà que se produisit ce qui devait se produire. Pour la première fois dans l’évangile selon saint Marc, le Seigneur s’est manifesté. Pour la première fois, il est venu à notre rencontre. Le Seigneur s’est fait proche. Comme le souligne la première lecture, il s’est laissé trouver, il s’est montré, révélé dans le silence des eaux du Jourdain. Jean-Baptiste lui-même s’étonne de l’événement, Jean-Baptiste lui-même s’émerveille face à une telle humilité. Et voilà que le ciel se déchire. L’Esprit descend, et une voix se fit entendre : celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je trouve ma joie ! Le Fils, l’Esprit et le Père : la Trinité.
Et l’épître de Jean que nous avons écoutée dans la deuxième lecture de rappeler : ils sont trois à rendre témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang (1 Jn 5, 7-8). Pas seulement un mais trois. Encore une triade qui renvoie peut-être à la trinité de Dieu, mais certainement aux trois sacrements d’initiation chrétienne : la confirmation dans la symbolique de l’Esprit, le baptême dans la symbolique de l’eau et l’eucharistie, dans la symbolique du sang.
L’esprit. Il est sans doute, comme nous le rappelle saint Paul, l’opposé de la lettre qui, lorsqu’on ne peut pas la dépasser, étouffe et tue. L’Esprit est la symbolique du souffle, du dynamisme, et donc de la vie. L’Esprit est tout le contraire du marasme, de la raideur cadavérique, du fixisme, de l’impossibilité d’évoluer, de bouger et donc de la mort.
L’Esprit est la vie jaillissante, la vie qui ne se laisse pas intimider, emprisonner, la vie qui ne peut être asservie. L’Esprit souffle où il veut, et on ne sait pas d’où il vient ni où il va. Il est là pourtant, présent pour faire événement. L’Esprit est étonnement, surprise. Il est là où on ne l’attend pas ; là, au désert, comme au temps où il n’était pas encore question de temple, là présent comme à l’Horeb, pour refaire l’Alliance, la dépoussiérer des misères humaines, la désencrasser.
Comme au temps de la première création, l’Esprit plane sur les eaux. Telle une colombe, il ne fait pas de bruit. L’Esprit crée l’événement dans le silence. C’est loin du temple, dans le silence du désert où Jean baptisait qu’il s’est manifesté. Pour que le ciel ne soit plus fermé et que désormais les déserts de nos vies perdent leur aridité et soient transformés en terres fertiles. L’Esprit descend pour que les temples érigés par nos bras soient redynamisés et remis au service de Dieu. Pour qu’ils soient des maisons de prières et non des lieux d’enfermement, de cabales et d’intrigues, de violence et de mort.
Il y a l’Esprit mais il y a aussi l’eau. L’eau, comme les eaux de la première création, l’eau comme celles du déluge ou de la mer rouge. L’eau est symbolique de vie mais aussi de mort ; l’eau est symbolique de pureté et de vie nouvelle. L’eau étanche notre soif, mais elle est aussi ce dont il faut pour rendre fertiles nos déserts. Elle nous lave de nos souillures, nous purifie de nos fautes et nous donne de renaitre à la vie nouvelle. L’eau, élément fondamental du rite baptismal, de la mort au péché, du retour à la vie.
Il y a l’eau, l’Esprit, mais il y a aussi le sang. Le sang est peut-être encore plus que l’eau symbolique de vie, et symbolique de mort. Il est symbolique de vie donnée, symbolique de sacrifice, d’expiation. Le sang devient nécessaire là où une lessive ordinaire ne suffit pas. Le sang devient nécessaire là où l’eau est impuissante, inefficace pour enlever l’offense.
Il y a alors le sang des boucs, des béliers et des taureaux des religions de l’ancienne alliance, il y a aussi le sang des agneaux, celui d’Abel le juste qui crie vers le ciel parce que injustement versé. Mais surtout il y a le sang du Christ versé pour nous. Le sang de la nouvelle Alliance, le sang, symbolique de l’eucharistie partagée dans nos célébrations.
Ils sont donc trois à rendre témoignage, mais des trois, le sang manquait encore à l’événement du Jourdain. Il sera au rendez-vous au Golgotha.
Le témoignage de l’Esprit, de l’eau est scellé dans le sang du Christ. Et au matin de Pâques, Dieu y a apposé son sceau comme pour redire : « tu es mon Fils bien-aimé », comme pour rejeter solennellement le sacrifice du sang versé, comme pour réaffirmer que la vie est plus forte que la mort.
Hommes et femmes de tous les temps, hommes et femmes des temps qui sont les nôtres, avec tout ce que cela suppose d’espérances mais aussi de désillusions, allons-nous nous fermer au témoignage du Père ?
Nous recevons bien le témoignage des hommes, nous rappelle l’épitre de Jean, combien plus devrions-nous accepter celui de Dieu (1 Jn 5, 9) !
Le vainqueur du monde du péché, le vainqueur de la violence, de la haine, nous redit saint Jean, c’est celui qui croit vraiment que Jésus est le Fils de Dieu (1 Jn 5, 5).
Puisse le monde, sœurs et frères, cesse d’adorer des dieux barbus et sanguinaires, et s’ouvre généreusement à l’Enfant de la mangeoire, Jésus Christ, le Fils de Dieu manifesté dans la chair. Amen.


Fr. Jorel FRANCOIS, o.p.
Article publié le 12 janvier 2015