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La Sainte Famille

Homélie du Frère Timothée LAGABRIELLE, o.p.

Dieu a donné un fils à Abraham et Sarah et Abraham a offert ce fils au Seigneur.
Dieu a donné son Fils à Marie et Joseph et Marie et Joseph le consacrent au Seigneur.
Il me semble qu’aujourd’hui, par les textes de la messe, le Seigneur adresse un message aux parents et il leur dit : « Ces enfants que je vous ai donnés, il serait bon que vous les donniez à votre tour. » Et, plus largement, ce message est aussi adressé à chacun de nous, puisque chacun a une forme de fécondité dans sa vie et ces fruits sont faits pour être donnés.
Mais, au fond de chacun de nous, il y a une mamma Sicilienne qui sommeille et c’est un peu abrupt de lui dire cela. Elle gémit à cette pensée (« Mon fils ! mon fils ! Ne quitte pas ta mère ! »), alors nous lui devons quelques explications.

Nous voyons dans ces lectures, qu’à l’origine de toutes choses, il y a Dieu qui donne. Le don de Dieu est toujours premier. C’est Dieu qui a promis à Abram de faire de lui un grand peuple et qui lui a donné son fils Isaac. C’est Dieu qui a confié son Fils Unique à Marie et Joseph. Le don que nous pouvons faire à Dieu n’est toujours qu’une réponse à tous les dons qu’il nous a faits.
C’est d’ailleurs le sens de la consécration des Premiers-Nés que demande la Loi de Moïse (cette consécration que nous venons de voir Marie et Joseph faire pour Jésus) : les Premiers-Nés sont consacrés au Seigneur en mémoire du Salut apporté jadis au moment de la sortie d’Égypte. C’est une action de grâces.

Parce que Dieu est comme une source de dons et de grâces qui jaillit sans cesse. D’une certaine façon, on peut dire que Dieu ne sait que donner et se donner. Et quand Dieu donne, en général, c’est pour que nous donnions à notre tour. Parce que Dieu aime les intermédiaires, il aime les médiateurs. Quand il a une grâce à donner à quelqu’un, il aime la confier à un autre pour qu’il la transmette à son destinataire. Pourquoi fait-il cela ? Est-ce que ça ne serait pas plus simple de donner directement au destinataire final ?
Peut-être que ça serait plus rapide, mais ça serait moins bien pour nous. Parce que Dieu a envie de nous faire ressembler à lui. Lui qui est toujours en train de donner, il veut nous élever jusqu’à ce que nous lui ressemblions en donnant nous aussi. Nous ne serons jamais des sources comme Dieu l’est, mais plutôt comme des fontaines de grâces branchées sur cette source. Pouvoir donner, c’est une grâce que Dieu nous fait.

Notre accomplissement passe justement par le fait de nous donner. Le don est inscrit en nous, au plus profond, depuis que nous avons été conçus du don réciproque de nos parents. Et c’est en se donnant que nous nous accomplissons.
Puisque l’homme est fait pour le don, c’est un des enjeux majeurs dans l’éducation d’apprendre à se donner. Et la famille est une belle école du don. En famille, on apprend à s’ouvrir aux autres, à ne pas être seulement centré sur ses besoins, mais à prendre soin des autres. Apprendre à son fils ou à sa fille à se donner, c’est un des grands et beaux rôles des parents et des éducateurs.
Et il me semble que le sommet de cet apprentissage, c’est d’en donner l’exemple très concrètement en participant au don d’eux-mêmes de ses enfants. Et c’est là que la mamma Sicilienne se réveille ! Et pourtant, l’accomplissement de l’éducation, c’est de voir ses enfants quitter la maison pour faire leur vie, c’est-à-dire pour se donner, en général dans le mariage ou la vie religieuse ou comme prêtre et de s’unir au don qu’ils font d’eux-mêmes.
Les lectures d’aujourd’hui nous donnent deux beaux exemples de cette participation des parents au don de leurs enfants. C’est le cas pour Abraham et Isaac si on écoute la tradition rabbinique qui nous dit qu’Isaac était volontaire pour ce sacrifice de lui-même. Le père et le fils sont unis dans le même don. Le père – Abraham – offre le fils – Isaac – qui s’offre. Et il se passe quelque chose de similaire dans la présentation au Temple de Jésus : si l’Enfant-Jésus avec son âme humaine à peine éveillée 40 jours après sa naissance ne pouvait peut-être pas consentir au don de ses parents, le Verbe incarné, lui, s’offrait déjà. C’est quelque chose comme cela que nous sommes invités à vivre dans nos familles. Et cela vient encore de Dieu car le modèle de la paternité, c’est de donner son fils au monde, comme le Père du Ciel le fait pour nous.
Selon le Seigneur, la mesure de ce don, la mesure de la communion dans ce don est une clé de sa fructuosité : Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit.
Il me semble que ce sont de grandes et belles perspectives pour nos vies de familles : apprendre les uns des autres à se donner et soutenir les membres de nos familles (ou de nos communautés, ou des groupes dont nous faisons partie) dans le don d’eux-mêmes.


Frère Timothée LAGABRIELLE, o.p.
Article publié le 28 décembre 2014