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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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5e Dimanche du temps de l’Eglise

Homélie du frère Jean Marie Mérigoux, o.p.

Frères et Sœurs
Il nous faut nous passionner pour découvrir la vie de Jésus, car sa vie est pour nous lumière, la vie de Jésus est, par excellence la révélation du mystère de Dieu et de son amour pour nous, c’est pourquoi notre vie doit, progressivement, s’identifier à la sienne, se fondre en elle.
Saint Marc dans son évangile nous présente la vie de Jésus presque jour par jour, et, dimanche après dimanche, la liturgie nous fait revivre sa vie afin que nous puissions « suivre le Christ » et être avec lui toujours. Aujourd’hui, grâce au récit de saint Marc, nous rejoignons Jésus à Capharnaüm, la ville de son ministère, là où il réside depuis qu’il a quitté Nazareth. Dimanche dernier nous avions découvert ce qu’avait été la première entrée Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, et, d’une certaine façon, nous y étions entrés avec lui.
Une Synagogue, c’est cet édifice religieux où les enfants d’Israël se regroupent chaque sabbat, pour prier, entendre la lecture de la Loi et des Prophètes, en écouter les commentaires qui doivent aider les fidèles à se préparer à la venue du Messie attendu. La première visite de Jésus à la synagogue de Capharnaüm, avait constitué une véritable révélation pour les assistants qui avaient été frappés par son enseignement donné avec une grande autorité, et son autorité avait été, comme confirmée, par la guérison spirituelle d’un homme tourmenté par un esprit impur.
Aujourd’hui, en suivant le texte de l’évangile, comme heure par heure, nous sommes sortis avec Jésus de la synagogue où, de fait, il était entré avec seulement deux disciples, Jacques et Jean. En effet Pierre et André n’étaient pas venus avec eux car ils étaient restés dans la maison familiale, car la belle-mère de Pierre était malade. C’est pourquoi, aussitôt sortis de la synagogue, Jésus et les deux disciples se rendirent à la maison des deux frères, Pierre et d’André.
Il nous faut voir maintenant, de très près, ce qui se passa alors afin de pouvoir en admirer le détail. Jésus, dès qu’il fut informé de l’état de la malade, « s’approcha » d’elle, il se fit proche, c’est-à-dire qu’il devint « son prochain », comme le bon Samaritain l’avait fait pour le blessé : Jésus, s’étant approché, « saisit la main » de la malade « et la fit lever ». C’est cette main tendue qui fit le miracle : le seul contact avec l’humanité du Christ, en qui se trouve la vie en plénitude, a suffi à communiquer la santé et la vitalité à celle qui était malade. C’est de cette façon, que Jésus prendra, un jour, la main de la fille de Jaïre, un chef de synagogue, et lui rendra la vie par ces paroles : « Jeune fille lève-toi ! », Talitha qoum !
Ce qui se passa ensuite dans la maison de Pierre et d’André peut faire penser à l’hospitalité que Jésus reçut et donna, un jour, à Béthanie, dans la maison de Lazare : lorsque Marthe lui servit un repas, elle reçut de Jésus une hospitalité plus grande encore : Jésus lui donna, mystérieusement, à elle et toute sa famille, la plus belle hospitalité, au banquet de son Royaume, lui, le serviteur par excellence. Saint Marc nous dit que lorsque la belle-mère de Pierre fut guérie, « elle les servait » : elle servit donc Jésus et ses disciples qui faisaient bien partie de sa famille.
Pour Jésus, et dans l’évangile, le « service » n’est pas une humiliation comme le pense souvent le monde : le service, au contraire, peut être l’expression d’une véritable charité fraternelle, une affirmation de l’égalité entre les personnes et une vraie manifestation de l‘amour du prochain, que ce soit en famille, en communauté ou dans la société. Jésus s’est toujours présenté comme « celui qui sert », il est venu pour servir : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour ne multitude » (Mc 10, 45). Ce jour-là, chez Pierre, après la guérison de sa belle-mère, Jésus s’est laissé servir et ses disciples aussi, eux à qui il lavera les pieds et qui seront appelés un jour à devenir les « ministres » c’est-à-dire les « serviteurs » du Peuple de Dieu : « Celui qui voudra être grand parmi vous sera votre serviteur »
Quant au monde, il agit souvent bien différemment vis-à-vis du service ; Jésus l’a remarqué : « Vous savez que ceux que l’on regarde comme les chefs de nations dominent sur elles en maitre et que les grands leur font sentir leur pouvoir ». Bien des puissants et des riches de ce monde, au lieu de servir leurs semblables, s’en servent sans scrupules, et les exploitent à leur profit.
Dans la première lecture, nous avons entendu les propos très lucides de Job : « La vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre. Comme l’esclave qui désire l’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye ».
Nous découvrons souvent avec effroi que, de nos jours, l’esclavage existe : dans bien des pays l’exploitation des gens et des enfants fait fureur et cette sinistre pratique est à l’origine de la fortune des esclavagistes modernes : les employés ne reçoivent qu’un très faible salaire pour de longues durées de travail et, comme Job, ils aspirent à « un peu d’ombre » pour se reposer. En ce 8 févier, l’Eglise fait mémoire de sainte Bakhita, une esclave soudanaise devenue chrétienne qui subit un perpétuel martyre du fait de la brutalité de ses maitres.
Jésus, notre seul et véritable Maitre, a lavé les pieds de ses disciples, il a pris la place du serviteur et même de l’esclave, et en faisant cela il a supprimé les murs et les castes qui séparaient les hommes entre eux et il a prouvé et démontré l’égalité et la fraternité fondamentales qui existent entre tous les humains. Saint Jean-Paul II avait salué, lors de sa venue en France, les origines chrétiennes des trois devises qui ornent nos monuments publics. Jésus, pour nous révéler la fraternité universelle, nous a fait connaitre le Père de tous, Notre Père des Cieux : « Et vous êtes tous frères ». Dès lors la liberté, éclairée par la charité ne peut aller contre la fraternité, elle ne doit jamais blesser un frère.
C’est dans ce sens que, récemment, le pape François, en une formule qui commence à faire le tour du monde, rappelait qu’on ne doit pas se moquer, « prendere in giro », la religion des autres.
Pour réaliser l’union entre Dieu et les hommes, Dieu le Fils s’est fait homme, il est notre frère, venu habiter parmi nous, avec nous ; c’est le sens de cette parole qu’il adressée à ceux qui le cherchaient : « c’est pour cela que je suis sorti ». Jésus a donc expliqué tout d’abord à Simon ce que fut cette « sortie » de Capharnaüm, à l’aube, le matin même, alors que tout le monde dormait encore : « Je suis sorti » tout d’abord pour prier, pour parler à mon Père de tous ces malades guéris la veille et qui étaient si nombreux devant la maison de la belle-mère de Pierre ; mais aussi « Je suis sorti » parce que je suis maintenant à la recherche des brebis perdues afin de les ramener à mon Père.
« Tout le monde te cherche » s’écrièrent Simon et ses compagnons, lorsqu’ils trouvèrent Jésus, dans cet endroit désert, là où il priait. La réponse de Jésus est une invitation à « chercher », encore et toujours, « qui est Jésus », à chercher le vrai visage de Dieu, à rencontrer « Celui qui est l’image visible du Dieu invisible » : c’est comme si Jésus avait dit : « vous dites qu’on me cherche à Capharnaüm, mais sachez que beaucoup de gens ailleurs me cherchent et aussi m’attendent » : Je suis venu aussi pour les autres villages de Galilée, cette « Galilée des nations », image biblique de tous les peuples qui attendent la lumière d’en Haut, qui viendra les éclairer et les libérer de leurs ténèbres spirituelles.
Ce jour-là Jésus ne revint pas à Capharnaüm, mais il dit à Simon et à ses compagnons qui étaient venu le chercher : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c’est pour cela que je suis sorti ».
Au cours de son histoire, l’Eglise, en annonçant l’Évangile à toute la création, en s’incarnant dans toutes « les langues, peuples et nations », devra sans cesse être capable de croitre, de s’agrandir, elle devra éviter de céder à la tentation de devenir « synagogue », c’est à dire de s’enfermer dans des habitudes, dans des idées reçues, dans ses seuls horizons familiers, l’Eglise doit savoir grandir, c’est à dire savoir accueillir sans cesse de nouveaux enfants venus de tous les villages de « la Galilée des nations ».
« Tout le monde te cherche » : cette exclamation jaillie du cœur de Simon, nous invite, nous aussi, comme les gens de Capharnaüm, à chercher Jésus, à rechercher sans cesse le vrai visage de Dieu et à le chercher encore alors que nous l’avons déjà rencontré : « Maitre, où demeures-tu ? Il leur dit venez et voyez ».
Le mystère de Dieu est infiniment grand et profond et les trésors contenus dans les évangiles sont inépuisables, c’est pourquoi nous ne devons jamais cesser de les scruter et afin de les mieux comprendre.
Soyons en permanence des « chercheurs de Dieu », que nos familles, nos communautés et nos paroisses soient des lieux dont on puisse dire, en parlant au Seigneur, « Tout le monde te cherche ». Amen


Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 7 février 2015