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Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

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Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
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5ème dimanche de Pâques

Homélie du Frère Timothée Lagabrielle, o.p.

Au commencement – ou plutôt juste après, le troisième jour – Dieu créa les plantes. Et il leur donna la caractéristique des êtres vivants : elles ont la capacité de porter du fruit chacune selon son espèce. Le cinquième jour, il peupla les mers et créa les oiseaux et il leur donna cette consigne : « Soyez féconds, multipliez », c’est-à-dire, « vous aussi, donnez votre fruit, chacun selon son espèce. »
Ainsi, la vie et la croissance sont au cœur de la création voulue par Dieu. Cette création n’est pas figée dans son état originel. En créant le monde, Dieu ne veut pas se faire une statue pétrifiée à placer dans son salon. Il désire un monde animé par le dynamisme de la vie. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit. » Ce que Jésus nous dit plus spécifiquement pour les hommes est déjà vrai pour chaque être vivant. Voilà la gloire de Dieu ! La vie est faite pour se répandre, pour se multiplier, pour porter du fruit.
Ce « beaucoup de fruit » que Dieu désire, c’est non seulement la quantité, mais aussi la qualité. La quantité, c’est que la vie se répande, qu’il y ait de nombreux individus de chaque espèce. Pour les hommes, cela revient à ce qu’il y ait plus d’hommes, plus de vies humaines. Sans doute que Dieu désire cela, mais il désire aussi la qualité, c’est à dire que les vies soient des vies véritables, que les vies soient plus humaines, que LA vie soit plus humaine.
Et la vie humaine a justement une particularité qui nous différencie de tous les autres vivants : la vie humaine est faite pour la vie divine, pour porter un fruit divin. Parce que nous sommes créés à l’image de Dieu, nous sommes faits pour une vie divine. Et c’est une vie qui nous dépasse. Nos puissances naturelles ne sont pas suffisantes pour que nous ressemblions à Dieu. Les autres vivants de notre monde ont en eux tout ce qu’il faut pour vivre leur vie selon leur espèce. Nous, pour vivre notre vie humaine, nous devons recevoir la vie de Dieu, et pour cela nous devons être en communion avec lui. Nous devons être établis dans une relation avec lui. Nous devons être greffés comme les sarments sur la vigne.
La vigne, c’est le Christ. Comme la vigne, dont le bois peut être méprisé à cause de ses déformations, mais porte un fruit de douceur, le Christ peut être méprisé quand il apparait dans toute la faiblesse de son humanité (surtout quand il apparait défiguré dans sa Passion), mais il porte le fruit du Salut. Parce qu’il est homme, nous pouvons nous lier à lui, être greffé sur lui ; et parce qu’il est Dieu, il peut nous transmettre la vie divine. En tant qu’homme, il est la vigne, comme il est aussi le grain de blé tombé en terre. En tant que Dieu, il est le Semeur et il est aussi le vigneron.
Toutes ces images agricoles de l’Écriture que nous connaissons bien nous disent que Dieu travaille ce monde afin qu’il porte par lui-même son propre fruit. Dieu n’a pas abandonné sa création en prolongeant indéfiniment le repos du septième jour. Pour Dieu il n’y a ni jour férié-chômé, ni pont, ni viaduc ! Sans cesse, il œuvre. Mais, en même temps, il n’y a pas de travail de Dieu auquel il n’associe pas le travail de l’homme (c’est bien l’homme qu’il a voulu pour dominer la création visible) et le travail de l’homme n’est fructueux qu’uni au travail de Dieu.
Par son travail, Dieu demeure en nous sans cesse. Par la charrue de sa parole, il ouvre nos cœurs et par sa grâce il y sème ses commandements ainsi que les vertus pour les accomplir.
Et de notre côté, qu’avons-nous à faire ? Puisqu’il demeure en nous, demeurons en lui. C’est-à-dire accueillons cette grâce qu’il nous donne. Il vient nous visiter par sa Parole, soyons attentifs à le recevoir comme il le mérite. Méditons la Parole. Appliquons-nous à écouter ses commandements et à les mettre en pratique par des actes et en vérité.
Et puis, le travail de Dieu, c’est aussi de nous émonder. Il fait cela pour que nous puissions porter quelques beaux fruits qui donneront un vin excellent et pas une multitude de raisins de basse qualité, qui ne seraient même pas dignes de servir à faire un médiocre vin de table. Il nous émonde pour que nous mettions notre énergie sur quelques belles et bonnes actions que nous réaliserons jusqu’au bout. Pour que nous concentrions nos forces, le Seigneur vient nous séparer de certaines affections – parfois bonnes – qui seraient de mauvaises distractions.
Et de notre côté, qu’avons-nous à faire ? Puisqu’il demeure en nous, demeurons en lui. C’est-à-dire, quand il nous émonde, quand il nous purifie par tout un tas de petites humiliations, de petites vexations (ces petites choses qui, quand on y réfléchit, ne sont pas graves), c’est pour permettre des détachements que nous n’avons pas fait nous-mêmes. Alors laissons-nous façonner. Plein de confiance, sachons-le : c’est la gloire de notre Père que nous portions du fruit, c’est cela qui guide son action, mettons-y aussi tout notre cœur !


Frère Timothée LAGABRIELLE, o.p.
Article publié le 3 mai 2015