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Solennité de Notre Dame du Rosaire

Prédication pour la fête patronale de notre église conventuelle, le 7/10/2012

Évangile : Luc. 2,41-52
Vers la quatrième année qui suivit la mort du Christ, lorsque la persécution s’éleva contre Lazare et les siens, Jean conduisit Marie, avec d’autres personnes, à Éphèse, où déjà quelques chrétiens s’étaient établis. Après l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Marie aurait vécu à Éphèse. Cependant la sainte Vierge ne demeurait pas à Ephèse même ; la maison, dite de Marie est située à trois lieues et demie de là, sur une montagne qu’on voyait à gauche en venant de Jérusalem, et qui s’abaissait en pente douce vers la ville. Lorsqu’on vient du sud, Éphèse semble ramassée au pied de la montagne ; mais à mesure qu’on avance, on la voit se dérouler tout autour. Au midi on aperçoit des allées plantées d’arbres magnifiques, puis d’étroits sentiers conduisent sur la montagne, couverte d’une verdure agreste. Le sommet présente une plaine ondulée : c’est là que s’était établie la sainte Vierge.

Et c’est là que Marie dans sa contemplation, méditait les évènements et les gardait dans le silence de son Cœur. Ce qui lui revenait sans cesse était la salutation de l’ange : Réjouis-Toi Marie, Comblée de grâces le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes…
C’était les paroles du début, quand tout avait commencé, quand elle avait dit oui quand elle avait accepté la mission que Dieu voulait lui confier. En acceptant d’être la mère du Fils, elle devenait fille du Père, elle disait oui à son adoption filiale et répondait à l’appel à la sainteté.

L’Annonciation est la matrice de toute vie filiale, et la vie filiale est le motif de l’Incarnation.
Saint Jean nous rappelle dans son prologue, « et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous », « afin que nous devenions Fils de Dieu ». Nous sommes tous appelés à la vie filiale et Marie nous montre le chemin de la filiation, par l’acceptation de sa mission : « Comment cela va-t-il se faire puisque je suis Vierge, à l’explication de l’Ange, elle répond, « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa parole ».

Fiat… Ce Fiat de l’Annonciation, est celui que tout chrétien doit apprendre à donner. Ainsi, la répétition de la salutation angélique dans la prière du Rosaire nous renvoie, comme une piqûre de rappel, à ce oui d’abandon à la grâce, que nous avons donné dans nos vies ou que nous allons, peut-être, donner. Car notre Dieu a une mission pour chacun d’entre nous. L’Annonciation est, donc, l’expérience spirituelle des commencements quand Dieu nous illumine de sa force, pour nous donner de dire oui, librement, a son appel à la sainteté qu’il lance à tous, de toute éternité. Cet appel et sa réponse nous comblent, ils nous affermissent dans la certitude que le chemin est tracé par le Seigneur. Tout découle, ensuite, de cette expérience spirituelle fondatrice.

A partir de cette acceptation la Très Sainte Vierge Marie, va se mettre à l’école de son Fils, elle va apprendre à faire tout ce qui lui dira.

La prière du Rosaire, en ses mystères joyeux et lumineux, nous renvoie à tous les mystères de la Vie du Christ quand Marie a dû apprendre à devenir fille du Père à l’école de son Fils. Pour une mère, vous comprendrez que cela n’a peut être pas dû être si facile. Et pourtant, Marie nous apprend, à la suite du Christ, l’apprentissage de la vie filiale et son secret.

le secret de la vie filiale c’est le don.

Marie a mis son Fils au Monde pour apprendre de lui à Le donner au monde. Tous les mystères joyeux et lumineux, ne sont que des lieux spirituels où Marie nous attend pour nous enseigne à nous mettre à l’école du don, en son Fils, afin que à notre tour à nous nous offrions au monde. Je retiendrais deux moments fondamentaux qui ont appris, à la Vierge Marie, l’obéissance à la mission de son Fils :
Le recouvrement au temple et les noces de Cana : Marie apprend que son Fils doit être aux affaires de son Père, quand elle s’inquiète de son absence. Aux noces de Cana ; à ce qui pourrait sembler être une réponse dure, quand Il lui dit : « femme que me veux tu, mon heure n’est pas encore venue », elle répond : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Les mystères lumineux nous mettent à l’école de Jésus, par le baptême, la transfiguration, la prédication de la bonne nouvelle et l’eucharistie, Marie nous apprend à contempler les évènements, auxquels elle n’a pas assisté mais que l’apôtre Jean lui a certainement raconté, lui le disciple proche du cœur de Jésus, lui le prêtre avec qui elle a vécu une communion sans faille, d’autant plus qu’elle a reçu de ses mains le Christ sacramentel. Marie a dû, elle aussi, apprendre à vivre de l’eucharistie. Marie aussi a fait sa première communion... Nous sommes comme elle quand nous recevons la Parole de Dieu et l’Eucharistie.
La salutation de l’Ange nous renvoie en permanence quand nous la méditons, à ce oui fondateur que nous avons donné à Dieu, malgré les événements, malgré les crises. Pour Marie, à cause de ce oui qu’elle a donné, Syméon lui a prédit : « un glaive de douleur te transpercera l’âme. ». Toute sa vie fut obéissance et écoute, avec en filigrane cette salutation de l’ange a toujours été présente dans son cœur même quand celui-ci fut transpercé au pied de la croix. Gabriel lui avait donné la force de Dieu, et l’Esprit du très haut l’avait couverte de son ombre afin de vivre les temps des déchirements qui pour Marie réalisent l’accomplissement de sa vie filiale.
C’est le temps des mystère douloureux.

Marie accomplit sa vie filiale au pied de la Croix quand elle rend à Dieu ce qu’il lui avait donné de plus précieux, la chair de sa chair. Au pied de la croix, Marie configuré à son Fils qui donne sa vie au Père, se rappelait les Paroles de son Fils : « Il n’y a pas de plus grand amour que de sonner sa vie pour ceux qu’on aime", et Marie, dans un même élan plein d’espérance, offre son Fils au Père. Elle le donne.

Ce dernier, sur la Croix, continue à ordonner les choses, il la confie à Jean et lui donne maintenant un rôle maternel universel. « Voici ton fils » et « Voici ta mère" et depuis ce jour le disciple la prit chez lui. Et nous devons imiter le fidèle Jean et prendre Marie Chez nous. La prière du Rosaire et le moyen privilégié de prendre Marie chez nous afin qu’elle nous apprenne à nous mettre à l’école de son Fils. Il n’y a pas de moyen plus sûr que Marie pour connaître Jésus. Il n’y a pas de plus douce aide maternelle quand nous vivons nous aussi des chemins de croix dans nos existences. Prenons chez nous Marie à la manière du fidèle Jean : La manière de Jean, nous la connaissons bien, à la salutation angélique, nous répondons certainement comme lui : « Sainte Marie Mère de Dieu, priez pour nous pauvre pécheur maintenant et à l’heure de notre mort, Amen. ». Oui, frères et sœurs, Nous imitons Jean, quand nous demandons à la Vierge de nous accompagner dans touts les évènements de notre vie, « maintenant et à l’heure de notre mort » et la Théotokos proclamée à Ephèse, vient et nous nous enfante à l’amour de son Fils.

Jour après jour, elle a aimé son Fils en Lui obéissant et ce chemin de l’obéissance nous mène aux mystères glorieux de la victoire. Cette résurrection à laquelle nous sommes tous appelés, jours après jours, Rosaires après Rosaires. C’est la que Marie devient pour nous Notre Dame des victoires. Au matin du tombeau vide, Jean et Pierre s’agitent de bonheur et Marie continue à méditer ses évènements dans son cœur ; Elle sait que l’Amour a vaincu la mort.

Au soir de l’Ascension, face aux apôtres accablés par le poids de l’œuvre confiée, dans la chambre haute ou elle les regarde en silence et la fixité de sa paix, l’immutabilité de sa foi suffira à leur prouver qu’ils ne l’on pas perdu et peut être iront-t-il, sous son regard, jusqu’à douter de son absence physique qui leur permettra de louer Dieu.

A L’aube de l’Eglise, le don de sa prière claustrée emportera la victoire de l’Amour sur les siècles à venir. A La prière nous devons tout. Aux premiers jours de l’Eglise par son seul élan contemplatif, l’Evangile prend corps aux corps des Apôtres, assidus à la fraction du pain, ils ont commencé à le donner en partage et l’Esprit Saint a commencé à arpenter toutes les facultés humaines, il siège au cœur remonte vers les gestes et tout s’aligne, des idées à la matière. La prière nous irrigue, répétitive comme une source revivifiante.

Il s’agit maintenant pour nous de vivre de la vie dans l’Esprit. Notre dame des victoires, régnez sur nos âmes et nos cœurs afin que nous devenions tous les dignes disciples de notre Fils, continuez à nous enseigner le chemin que vous avez-vous-même pris afin que nous puissions vous rejoindre dans la Gloire de votre assomption. Amen


En savoir plus : Marie et le Rosaire
Frère Pierre VEILLER, o.p.
Article publié le 31 octobre 2012