+ BIENVENUE SUR LE SITE DES DOMINICAINS DE MARSEILLE +
vue interrieure

Nous aider

Si vous souhaitez nous soutenir,

● Adressez-nous vos dons
par chèque libellé à l’ordre de :
Fondation des Monastères

● Devenez bienfaiteur régulier

Le bulletin de soutien
Suivre les travaux


HORAIRES DU COUVENT
Plus d'infos

ADRESSE
35 Rue Edmond Rostand 13006 Marseille
Tel : 04 96 10 07 00
Métro Castellane

MESSE
Dimanche, 10h30
Du lundi au samedi, 12h05

CONFESSIONS
Avant la messe dominicale à partir de 10h dans l’église

OFFICES
Laudes à 07h30 en semaine et à 08h30 le dimanche.
Milieu du jour à 11h50 en semaine.
Vêpres à 19h00
Complies ou vigiles à 20h30
Les offices de laudes et de vêpres sont précédés d’un temps d’oraison silencieuse avec la communauté.

ADORATION DU TRÈS SAINT-SACREMENT
Le dimanche, et jours de Solennité de 18h15 à 18h50

A LA PORTERIE
Possibilité de rencontrer un frère (confession, bénédiction ou demandes de messes)
La porterie est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h15 à 17h du lundi au vendredi.



Accueil > Communauté > Histoire > Epoque Moderne > Les Dominicains à Marseille au XIXe Siècle

trait

Les Dominicains à Marseille au XIXe Siècle

Conférence du frère Bernard Montagnes, o.p. pour l’inauguration des nouveaux bâtiments conventuels

Deux figures emblématiques dominent l’histoire des dominicains de Marseille au XIXe siècle : le Père Lacordaire et le Père Cormier, maintenant bienheureux Hyacinthe-Marie Cormier depuis le 20 novembre 1994.
De Lacordaire, je soutiendrai le paradoxe qu’il en est le véritable fondateur, bien que lui soit mort le 21 novembre 1861 et que la décision d’établir un couvent à Marseille – à la rue Montaux, à l’emplacement où nous sommes – ait été prise le 14 juillet 1862, huit mois après son décès.
Quant à Cormier, il n’a débarqué à Marseille que le 22 octobre 1865, alors qu’il était institué depuis le 17 octobre prieur provincial de la nouvelle née province de Toulouse. Il entre en charge dès le lendemain de son arrivée. Il va demeurer à Marseille, de manière à peu près continue, durant dix-sept ans, soit comme provincial, soit comme prieur (1874-1878), jusqu’en 1882. C’est lui qui façonnera l’image tant spirituelle qu’architecturale de cette maison.

Lacordaire

JPEG - 514.7 ko

Ses liens avec Marseille remontent bien avant qu’il soit devenu lui-même dominicain à Rome où il a revêtu l’habit de l’Ordre le 9 avril 1839.

Ses relations remontent au temps où Lamennais avec Lacordaire et Montalembert fondait le journal L’Avenir (16 octobre 1830), organe des catholiques libéraux, c’est-à-dire de ceux qui rêvaient non pas de faire revivre l’Église d’Ancien Régime, mais de faire dialoguer l’Église avec la société issue de la Révolution. Le mouvement, qui s’exprimait ainsi par voie de presse, avait des sympathisants en Provence et précisément à Marseille. Là les trois « pèlerins de la liberté », en route pour Rome, ont été accueillis chaleureusement en décembre 1831, mais aussi ont été surveillés par la police sur les consignes du maire Consolat. Lacordaire avait alors 29 ans et Montalembert 21. Leur journal, désavoué par les évêques et désapprouvé par le pape, avait dû suspendre sa publication au bout de treize mois (15 novembre 1831). En allant à Rome présenter leur défense, les rédacteurs de L’Avenir espéraient, un peu naïvement, rallier le Saint-Père Grégoire XVI à leur vision des rapports de l’Église catholique avec la société moderne. Leur démarche était vouée à l’échec, mais j’en retiens que le Lacordaire avec lequel des Marseillais sympathisent est celui qui, né en 1802, déclarait : « Dieu m’a fait la grâce de comprendre et d’aimer mon temps ».
Dix ans plus tard après ce premier contact avec Marseille, Lacordaire devenu dominicain a publié son Mémoire pour le rétablissement en France de l’Ordre des Frères Prêcheurs (mars 1839), puis sa Vie de saint Dominique (décembre 1840), dont la lecture a touché quelques jeunes gens du grand séminaire de Marseille : cinq d’entre eux se font recevoir, en 1842, dans le tiers ordre de Saint-Dominique par un vieil évêque dominicain espagnol exilé à Marseille, six mois avant la fondation du premier couvent dominicain à Nancy. C’est donc à Marseille qu’a commencé le rétablissement de l’Ordre en France, sous cette forme modeste, mais qui mettra ensuite au service de l’Ordre des prêtres amicaux et dévoués.
En 1848, quand Lacordaire venait de prêcher à Toulon avec éclat l’avent de 1847, il a accepté de donner une prédication à l’église Saint-Joseph Marseille le 10 janvier au bénéfice de la Conférence de Saint-Vincent de Paul. Foisset, biographe et ami, présente ainsi l’épisode : « En quittant Toulon, le Père, malgré son peu de goût pour les sermons isolés, consentit à prêcher à Marseille. Il y reçut des témoignages d’affection incroyables, et cette ville lui parut avoir un caractère plus ardent et plus impétueux qu’aucune de celles qu’il avait évangélisées jusque-là. Elle l’en fit souvenir quatre mois après, quand elle le choisit pour l’un de ses représentant à l’Assemblée constituante. » Janvier 1848 à Marseille, c’est aussi Lacordaire présent à l’inauguration du chemin de fer Marseille-Avignon. C’est aussi Lacordaire harangué par Antoine Maurel, l’auteur de la célèbre pastorale.
Lors des élections d’avril 48, la candidature de Lacordaire, à l’insu de celui-ci, a été soutenue par une Association pour la défense des libertés nationales et religieuses, où l’on retrouve des professeurs de médecine, des prêtres, des négociants et aussi notre Antoine Maurel. Lacordaire, élu par plusieurs départements, accepte les sollicitations de Marseille. Voici sa réponse : « Je n’avais ni recherché ni repoussé la députation. Vous seuls, messieurs, vous avez été plus forts que mon inertie, vous m’avez voulu et vous m’avez élu sans que j’en susse rien. Dieu vous avait choisis pour me donner ses ordres. Je les reçois de votre bouche et je m’y conformerai. » Pour bien peu de temps, à vrai dire, puisque, après la journée insurrectionnelle du 15 mai, Lacordaire résilie son mandat de représentant le 17 mai. Je rappelle quand même qu’entre temps, le 27 avril, l’assemblée avait décrété l’abolition de l’esclavage.
En 1859, Lacordaire, après avoir rétabli les dominicains au couvent de Saint-Maximin et à la Sainte-Baume, avec l’aide des amis marseillais, projette de s’établir à Marseille, dans des conditions de concurrence avec les dominicains de Lyon établis à Carpentras. À ce projet s’opposeront aussi bien le maître de l’Ordre Jandel que l’évêque de Marseille Mazenod, lequel n’était pas particulièrement enclin aux positions de Lacordaire. La fondation à Marseille ne sera que partie remise et sera l’œuvre conjointe des dominicains disciples de Lacordaire et des laïcs et prêtres amis marseillais de Lacordaire. Elle se fera en 1862 rue Montaux, sur l’emplacement où nous sommes encore. En attendant de pouvoir s’installer rue Montaux, où des aménagements étaient nécessaires, les dominicains louent une maison dans le haut de la rue Sylvabelle, où ils demeureront deux ans. Là, le 17 octobre 1862, l’évêque Mgr Cruice, en présence du Père général Jandel, bénit la chapelle provisoire aménagée dans le salon du rez-de-chaussée. La fondation était établie – et le demeurera – sous le patronage de Saint-Lazare.
En novembre 1864, les dominicains ont pu enfin s’installer rue Montaux. Selon les souvenirs de Mme Valette, écrits vers 1930 : « Tout ce qui est actuellement la rue Edmond-Rostand et celles qui suivent n’était que campagnes ou terrains vagues non éclairés. Les Pères faisaient allumer un réverbère au-dessus d’un grand portail qui fermait l’entrée de leur couvent et de leur chapelle, les jours de pluie inabordables. » Quant à l’utilisation de l’ancien entrepôt de la pharmacie militaire en guise de chapelle provisoire, bénie le 8 décembre 1864, Mme Valette raconte : « La chapelle n’était plus un “salon” comme rue Sylvabelle ; c’était une série d’entrepôts réunis, de hangars sans plafond, bien entendu, sous les toits… On avait mis en guise de dallage des nattes qui couvraient le sol. Il y faisait très froid. C’était une installation toute provisoire et rudimentaire, mais des prie-Dieu la garnissaient, indiquant des noms bien connus dans la société commerçante et catholique de Marseille. »
Le premier souci de nos frères sera alors de construire une église, dont la première pierre est posée le 24 novembre 1868 et dont la construction s’achèvera par la bénédiction de l’édifice et des cloches le 7 mars 1878. Le rayonnement de la chapelle provisoire était grand. Selon Mme Valette : « Le P. Ollivier, le P. Didon, le P. Saudreau, le P. Doussot y prêchaient et attiraient par leur accueil, la largeur de leurs idées, de leurs vues comme prêcheurs et directeurs d’âmes, bien des novices. Le P. Lambert, sortant de Polytechnique, est entré au noviciat [1er novembre 1863]. Le P. Tornézy [entré en 1867] y a dit, dans cette chapelle, la nuit de Noël, sa première messe. [Elle énumère encore six autres noms] qui ont grossi les rangs des Marseillais. Cette chapelle provisoire a été démolie et remplacée par le couvent actuel. »

Cormier

JPEG - 70.1 ko

Il entre en scène à Marseille en octobre 1865., venant de Corbara, où le Père général Jandel est allé le chercher pour le placer à la tête de la province de Toulouse nouvellement rétablie. Il n’avait pas encore atteint tout à fat l’âge de trente-trois ans.

Prêtre ordonné à Orléans par Mgr Dupanloup, le 17 mai 1856, il était entré un mois plus tard, le 28 juin, dans l’Ordre des Prêcheurs au noviciat de Flavigny, dans l’unique province de France, devenant alors le frère Hyacinthe-Marie. En 1857, après l’année de noviciat, le Père général Jandel l’avait amené avec lui à Rome, où il en avait fait son secrétaire, puis l’avait affecté à la formation des novices (près de Viterbe à la Quercia, à Rome à Sainte-Sabine, en Corse à Corbara ). Là, en 1861, il était à la fois prieur et maître des novices. Or, comme le Père Jandel, pour ériger la province de Lyon en 1862 (il fallait trois couvents) lui a attribué le couvent de Corbara, c’est ainsi que Cormier est devenu membre de la province de Lyon et le demeurera jusqu’en 1873..

Dans la province de Toulouse, de 1865 à 1891, durant vingt-cinq années, il va exercer toutes les charges de gouvernement, soit comme prieur provincial trois fois, soit comme prieur conventuel (à Marseille, à Toulouse, à Saint-Maximin). Il a résidé à Marseille de manière à peu près permanente à partir d’octobre 1865 jusqu’en avril 1882.
Par la suite, sa vie s’est déroulée à Rome de 1891 à 1916, où il est devenu Maître de l’Ordre de 1904 à 1916. Il est décédé à Rome le 17 décembre 1916, quelques mois après l’expiration de sa charge. Il a été proclamé bienheureux par le pape Jean-Paul II le 20 novembre 1994.
Première préoccupation du provincial Cormier arrivant à Marseille : rassurer amis et disciples de Lacordaire. Les amis marseillais, qui s’étaient dévoués par attachement à Lacordaire pour rendre possible cette fondation dans notre ville, étaient perturbés par la fondation de la province de Toulouse, détachée de celle de France. Ils y voyaient une atteinte à l’œuvre de Lacordaire. Quant aux frères de la province de France ils refusaient de voir démembrée l’œuvre de Lacordaire. Le Père Cormier devait leur démontrer qu’ériger une nouvelle province dans le Midi, et ici séparer la fondation de Marseille de la province de France, n’avait pas pour objectif de saper le rétablissement de l’Ordre par Lacordaire ni de donner des gages aux tendances antilibérales qui divisaient les dominicains entre eux.
Cormier, placé par l’obéissance à la tête de la nouvelle province, se considère comme un homme de transition, qui, le moment venu, s’effacera ; un ouvrier dévoué, mais de passage dans cette province à laquelle il n’appartient pas. Quelles que soient mes déficiences, écrit-il au Père Jandel, « je désire rester au poste […] afin d’apporter à l’édifice que peut-être Dieu vous permettra d’élever, mon petit grain de sable. Après cela, je me cacherais bien en Corse ou à Sainte-Sabine. Mais, en attendant, je suis bien décidé à travailler au bien de la province, à profiter de mes fautes et à me nourrir de mépris, si Dieu me l’envoie » (10.2.67).
À un moment où l’on aurait pu craindre que la fondation de la province de Toulouse, après celle de Lyon, sur le territoire de celle de France, ne provoque de douloureuses frictions entre dominicains français, le Père Cormier ne fait preuve d’aucun sectarisme provincial. « Soyons humbles, exhorte-t-il, surtout envers nos frères aînés qui sont la gloire des autres provinces dans notre patrie » (23.10.65). Sa règle de conduite est alors claire : « J’aime tant la paix et j’en vois si bien la nécessité pour le bien de l’observance et du ministère que, le jour où nous en jouirons sans préoccupation, je chanterai un bon Te Deum d’action de grâces » (2.6.67). « J’aime la paix, j’aime à travailler par la voie de la concorde et de la confiance mutuelle » (20.2.70). Cormier ne veut pas hériter des querelles du passé, mais les apaiser. « Ma vocation n’est pas tant d’être un parfait administrateur, malgré le désir que j’en aurais, que de servir à faciliter la réunion des deux provinces dans la paix » (22.11.67). Le Père Cormier avait posé d’emblée un principe intangible : « Nous sommes des frères et non pas des rivaux. Ce qu’il y aura de plus ou de moins d’une part ou de l’autre sera toujours à S. Dominique, et S. Dominique sera tout entier avec les uns et tout entier avec les autres par le moyen de la pauvreté et de la charité » (5.2.66). Lui, qui appartenait juridiquement à la province de Lyon et ne sera transfilié à celle de Toulouse qu’en 1873, se déclare prêt tout aussi bien à passer dans celle de France : « Pour mon compte, s’il le fallait, j’irais dès ce soir, et j’irais joyeusement » (13.1.68).La chance de la province de Toulouse a été de commencer avec pour chef un vrai spirituel, uniquement préoccupé de se conduire et de conduire les autres selon l’inspiration de saint Dominique.
À Marseille, en dépit de son jeune âge et de son peu de puissance oratoire, il en impose par son autorité morale et sa stature spirituelle qui lui donne un grand rayonnement auprès des fidèles et aussi des prêtres. Mme Valette avait gardé, après cinquante-cinq ans, une image quasi photographique de Cormier en prière, le jour de la bénédiction de l’église. (7 mars 1878) : « J’y étais. Très sympathique, le groupe des amis, des fidèles qui le sont toujours, s’y pressaient nombreux… Je revois, ce jour-là, la cérémonie achevée, le P. Cormier agenouillé, à la porte même, impressionnant de recueillement, d’oubli terrestre total, absolu. » Son autorité était celle d’un maître spirituel.
Son talent musical avait attiré l’attention de Liszt, qui l’avait entendu à l’orgue à Rome. Cormier demeure en contact avec lui. Il lui écrit en juin 1867 : « Lors de mon voyage à Rome ce mois d’août dernier [1866], vous m’aviez fait espérer pouvoir, en venant en France, visiter la Sainte-Baume. J’ose rappeler à vos souvenirs ce projet, ainsi que celui de consacrer à notre sainte l’une de vos symphonies. Ce dernier projet est, je crois, subordonné en partie au premier. Aussitôt que vous serez ici, en face de ce beau spectacle, je ne dis pas que vous trouverez l’inspiration, car vous l’avez toujours, mais vous ne saurez plus la retenir ; heureuse impuissance, à [la faveur de] laquelle le pèlerinage gagnera un nouvel honneur, une marque de sympathie si digne d’être appréciée. » Cormier y revient encore en mars 1870 : « J’espère que vous ne renoncez pas à votre projet relatif à sainte Marie Madeleine. Ce ne sera pas seulement une méditation mais une contemplation, dans laquelle l’âme, au lieu d’analyser Dieu, le saisira d’un regard simple et d’un mouvement fort. Telle devait être, il me semble, la prière de notre grande sainte. La poésie s’est essayée, bien des fois, à en parler : la musique sera en retard jusqu’à ce que vous lui ayez donné sa place d’honneur dans le concert de louanges. »
.
Tous ceux qui ont connu personnellement le Père Cormier n’ont pas manqué d’évoquer son goût pour la musique. Il avait créé au couvent de Marseille une chorale féminine. « Il nous faisait chanter, raconte l’une des choristes. […] Il nous accompagnait parfois ; ça me plaisait beaucoup. C’était un musicien parfait . » « C’était un musicien remarquable, déclare une autre. Quand il se mettait à l’orgue, on le remarquait. On disait même que Liszt l’avait remarqué . » Mieux circonstancié, un autre témoignage se rapporte au jour de la bénédiction de l’église conventuelle de Marseille, le 7 mars 1878, où on vit le Père Cormier jubiler discrètement d’avoir mené son oeuvre à bien . La scène se passe dans l’église, l’après-midi, aussitôt après la bénédiction de l’orgue et des cloches, durant laquelle Cormier de tenait en retrait pour échapper aux éloges que lui décernait le prédicateur. « Quand cette cérémonie a été terminée, il est sorti de sa cachette et a dit au bonhomme qui venait débarrasser et enlever les cloches pour faire place à la cérémonie de clôture, d’attendre un instant. Il a pris les trois cordons qui tiraient sur les tympans. Comme il était musicien, il a écouté leur son et a dit à cet ouvrier, en lui passant un cordon : “Vous tirerez quand je vous ferais signe”, et il a fait chanter un air aux cloches . »

De l’Ordre de Saint-Dominique Cormier ne se fait pas une idée mesquine : « N.P.S.D. a voulu faire son œuvre en grand. Cette œuvre, ce n’est ni une maison vulgaire, ni une élégante villa, ni même une pieuse chapelle. C’est une cathédrale. Ne craignons donc pas d’y voir entrer de gros blocs dépourvus d’ornements. Ces blocs, s’ils sont pénibles à soulever, une fois à leur place se soutiennent mutuellement et sont soutenus tous par ce rocher qui est N.S.J.C. Les voûtes supportent les voûtes, les arceaux [épaulent les arceaux]. Aux arceaux et à la force vient s’ajouter la beauté, car ces blocs sans chapiteaux et sans guirlandes trouvent dans la pureté des lignes et dans la majesté des proportions leur naturelle et indestructible beauté. Là-dedans on se sent grandi, élevé vers Dieu ; on prie volontiers, on espère le ciel, on en jouit déjà.
Voilà ce que deviennent, avec saint Dominique pour architecte, et ces lourdes observances et ces habitudes rigides et ces apparentes contrariétés entre la vie de l’apôtre et le repos de Dieu . »

De cette indestructible beauté dont saint Dominique est l’architecte, plus vous serez nombreux à bénéficier, mieux ce sera pour tous.


Frère Bernard MONTAGNES, o.p.
Article publié le 31 décembre 2012