Chronique du Couvent – Février 2020

by | 15 Fév 2020

La chandeleur dominicaine

À Marseille la fête de la Présentation est célébrée très solennellement à Saint-Victor depuis le temps de S. Isarn qui fut abbé du monastère durant 27 ans, jusqu’à sa mort en 1020, il y a mille ans. Fr. Paul AMARGIER voit en lui « celui qui a jeté les bases de la puissance monastique des victorins ». En cette année 2020, le 5 février, l’animation liturgique du troisième jour de l’octave de la fête, nous était confiée. Il y eut l’adoration eucharistique à 16 h suivie, à 17 h, de la concélébration présidée par notre prieur, fr. Hugues-François ROVARINO. La beauté de l’édifice, celle des chants et des lectures ont réjoui l’assemblée des fidèles et sans doute aussi S. Isarn.

Une journée du couvent…

9 janvier : nos salles de réunion sont toutes occupées et dans la salle du Centre Cormier il y aura ce jour-là, de 10 h à 12 h, cours d’histoire : Amérique Latine, le retour des populismes, 70 personnes. De 14 h à 17 h, Ciné-club : La Vie des autres (2007), un film de Florian HENCKEL, 40 personnes. De 17 h 30 à 19 h, cours d’histoire : La France, Fille aînée de l’Église, 30 personnes. Dans la salle du chapitre, fr. Vincent TIERNY anime un groupe de laïcs qui réfléchit sur la manière d’intensifier la vie spirituelle chez les Scouts de France. Fr. Joseph-Thomas PINI est dans la Salle Perrin où il reçoit le groupe de foyers qu’avait fondé fr. Romaric MORIN et qui se réunit régulièrement pour approfondir le Catéchisme de l’Église catholique : cette année on étudie l’Église, avec passion. Fr. Marie-Ollivier GUILLOU, à la requête de l’Institut Catholique de la Méditerranée, reçoit 70 guides-conférenciers venus de divers horizons qui étudient les monuments et des sites chrétiens de la région, afin d’en devenir les témoins dans divers publics. Fr. Marie-Ollivier leur a fait visiter le couvent, la bibliothèque, l’église ainsi que sa célèbre crypte qui, en 1943, fut un lieu de refuge pour bien des Juifs, grâce au courage des frères.

Jean de la Croix : la Nuit d’adoration

Le 14 décembre, fête de S. Jean de la Croix, fut le jour où le prieur provincial a conclu la visite canonique de notre couvent avant de s’envoler vers Haïti. Au terme de cet exercice « formel et fraternel » fait d’échanges et de rencontres, il nous a invités à aller de l’avant dans l’apostolat. La nuit du 13 au 14 décembre, fr. Louis d’HÉROUVILLE avait organisé dans notre église une nuit d’adoration eucharistique, depuis le soir après les complies, jusqu’au matin avant les laudes. Les fidèles et les frères se sont succédés durant la nuit.

L’intelligence de la foi

Le jour du chapitre conventuel, le mercredi 18 décembre, notre archevêque, Mgr Jean-Marc AVELINE, est venu nous visiter. Chaque frère a évoqué son apostolat et, en retour, l’évêque nous a dit sa joie de constater que notre communauté offrait ce que beaucoup de gens recherchent : un lieu de prière et de liturgie communautaire, de formation intellectuelle et d’étude en bibliothèque, l’ouverture aux non-chrétiens, juifs et musulmans, et une vraie proximité avec les chrétiens d’Orient. Mgr Jean-Marc AVELINE nous a invités à avancer encore dans ces domaines et à développer chez beaucoup « l’intelligence de la foi » et aussi à accueillir volontiers les prêtres qui désirent trouver un lieu de silence ou avoir des entretiens spirituels. L’évêque présida l’eucharistie, partagea notre repas et, au café communautaire, fit la connaissance des novices. Il évoqua aussi deux événements prévus pour 2020 : la journée diocésaine consacrée à la Mission, le 15 mars, et le troisième centenaire de la consécration de Marseille au Sacré Cœur de Jésus, en 1720.

Départ de Jocelyne, 16 décembre 2019

« Si nous avons la nourriture et le vêtement… » (1 Tm 6, 8) : Ces mots de S. Paul peuvent nous venir à l’esprit en pensant à ce couple qui pendant des années a aidé notre communauté en veillant sur sa nourriture et son vêtement… Jocelyne RAYNAUD est arrivée comme lingère en 1995, alors que Patrice, son mari, était déjà en charge de la cuisine. Il le resta jusqu’en 2010 où il dut se retirer à cause la maladie de leur fils Stephan. Pendant des années, ce couple ami a donc connu beaucoup de frères si bien que maintenant ils ont des connaissances dans toute notre Province.

Amoris laetitia, sur l’amour dans la famille

Durant les fêtes de Noël les apostolats des frères furent variés : au couvent, à l’hôpital de La Timone, au monastère de Saint-Maximin, chez les Clarisses, à Venzolasca près de Bastia, à la paroisse chaldéenne et ailleurs encore. Ensuite plusieurs frères, malgré les difficultés de transport, ont pu visiter leurs familles en diverses régions : Limoges (87), Orange (84),Foucherans (25), Périgueux (24), Bellevigne (16), Talence (33), Souillac (46), Troisdorf-Sieglar, près de Cologne. Pour La Réunion, Kinshasa et Hongkong, les frères ont usé d’autres moyens de communication pour contacter leurs familles !

Des motards à l’Arca di san Domenico

L’été 2021 marquera le 8 e centenaire de la mort de S. Dominique. À Bologne des grondements de motos se feront entendre aux alentours de l’arca, son tombeau. Comme un pèlerinage de motards se prépare, fr. Marie-Ollivier GUILLOU, qui sera leur guide, est parti pour trois jours en Italie pour reconnaître les lieux et trouver des parkings pour les deux roues.

L’accompagnateur de l’Ordre de Malte en Provence

Fr. Albert-Henri KÜHLEM, accompagnateur spirituel de la délégation de l’Ordre de Malte pour Marseille et les Bouches-du-Rhône, a organisé au Centre Cormier, le 12 décembre 2019, une présentation de l’histoire de l’Ordre hospitalier des Chevaliers de Malte, au cours de laquelle il a parlé de La théologie du service. Directeur du Centre Cormier, Fr. Albert-Henri est professeur au Séminaire de Toulon et prépare une licence de philosophie à l’Institut Catholique de Toulouse. Fin novembre il a participé à Munster à un colloque sur le philosophe Josef PIEPER sur lequel il avait fait sa thèse ce qui lui avait valu l’amitié de Benoît XVI. Fr. Albert-Henri vient d’être nommé par Mgr Yves LE SAUX, évêque du Mans, censeur théologique pour la cause de béatification de l’impératrice Zita de BOURBON-PARME (1892-1989).

Entre-Deux

Entre-Deux : C’est une localité montagneuse de La Réunion dont le nom peut évoquer cette pose de quelques semaines que fr. Paul STEVENSON vient de faire parmi nous, car il était alors « entre deux » couvents : celui de la Sainte-Baume d’où il arrivait et celui de Saint-Denis, à La Réunion, où il va se rendre sous peu.

Pour l’Épiphanie : le « Totum » en main

En ce dimanche 5 janvier et depuis le couvent de Marseille où ils s’étaient regroupés, les frères novices des Provinces de France, du Canada et de Toulouse, ont pris la Route Saint-Dominique qui devait les conduire à Toulouse, via Fanjeaux et Prouilhe. Ils sont partis avec « en main » le Saint Dominique de l’Ordre des frères prêcheurs, témoignages écrits, guidés par fr. Paul-Ber-nard HODEL, qui a co-dirigé la publication de cet ouvrage, un « Totum », qui regroupe les textes relatifs aux débuts de l’Ordre des Prêcheurs. Comme en cette fête de l’Épiphanie, fr. Marie-Philippe ROUSSEL avait prêché sur l’appel des païens à la lumière, on pouvait penser à l’apôtre S. Thomas qui s’en alla évangéliser les païens de la Mésopotamie, le « pays des Rois Mages ». Une tradition conservée à Ninive dit que lorsque l’Apôtre y arriva, il reçut l’hospitalité de l’un des « Rois mages venus d’Orient »qui lui déclara donc en l’accueillant : « Moi, j’étais à Bethléem, je suis l’un des mages ! ». Parla suite la maison de cet hôte si hospitalier transformée en église : c’est maintenant à Mossoul, la cathédrale Mâr Tûma, Saint-Thomas.

Seulement pour la Martinique, ce nouveau livre de la Thune ?

Yvelise PASTEL est originaire de la ville de Rivière-Pilote en Martinique. Elle est mère de famille, conseillère conjugale et familiale, et auteur d’un livre Éduquer : un rôle noble paru à La Thune en 2016. En 2019, de nouveau à La Thune, elle a publié : Bâtir son couple sur le roc, une aventure, une responsabilité, un cheminement. Dans sa préface Mgr David MACAIRE o.p., archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, se dit convaincu que cet ouvrage sera le bienvenu bien au-delà de la Martinique car il est « si profond, si documenté, si professionnel, si talentueux et nourri de tant d’exemples, issus notamment de la pâte humaine antillaise, au cœur de cette petite île de la Caraïbe, qu’il témoigne à la fois de l’humanité la plus authentique et de la foi chrétienne la plus profonde ». Cet ouvrage de 300 pages qui a la forme d’un bel album est facile à consulter. Conçu pour les couples, les jeunes adultes, les fiancés, il est bien « une véritable « somme » sur le mariage ! C’est-à-dire un enseignement expérimental complet sur l’union conjugale, nourri de l’enseignement de l’Église ! ».

Le berger de la « Pastorale »

La Pastorale des santons de Provence était jouée traditionnellement en langue provençale, mais à l’École Lacordaire, c’est en français que la Pastorale est représentée, ce qui permet d’apprécier la beauté culturelle et spirituelle de cette célébration de la Nativité ; une vraie catéchèse qui fait revivre en tous les grâces de Noël. La Pastorale, c’est la « crèche vivante » des santons de Provence. Provençaux et provençales y viennent, chacun tel qu’il est, avec ses vêtements qui annoncent un métier ou un état de vie : le meunier, la poissonnière, le boumian, le riche propriétaire, l’aveugle, le gendarme, le voleur, le berger avec le chien et son agneau, le « ravi », Pistachier et toutes celles qui dansent la farandole, sans oublier l’ange qui est venu du Ciel pour commenter les événements de Bethléem et qui accompagne de sa trompette les chants, ceux des anges et ceux des fidèles. Ce qui était impressionnant dans cette représentation à laquelle plusieurs frères du couvent assistèrent, c’est que tous ceux qui jouaient n’étaient autres que les enseignants et des responsables de l’École, y compris le directeur Pierre-Jean COLLOMB. Surprise pour les élèves que de découvrir à quel point ceux et celles qui consacrent leur vie à leur éducation étaient capables, avec une grande simplicité, amitié et compétence, d’entrer dans des rôles bien différents de ceux qu’ils leur connaissent quotidiennement. Cette représentation jouée devant la crèche, a créé dans l’assemblée une ambiance très sensible de joie, de communion et d’amitié. Il paraît toutefois que dans tel ou tel cas, un rôle joué dans la Pastorale ressemblait fortement à la fonction exercée à l’École… comme c’était le cas pour le berger, le bon pasteur, qui n’était autre que fr. Dominique-Benoit JEAN-LUC, un des aumôniers à l’École.