Vive le confinement

by 25 Mar 20202020, Solennité

Pour qui aime admirer les innombrables représentations de l’Annonciation du Seigneur, un détail passe parfois inaperçu mais nous saute aux yeux ces jours-ci.
C’est au cœur du confinement que Marie a entendu l’ange lui annoncer le mystère ineffable :
Dieu veut se faire homme en son sein à elle, l’humble servante du Seigneur.
Dans les tableaux de l’époque médiévale essentiellement, nous contemplons bien souvent Marie assise ou agenouillée au cœur d’un jardin clos de murs et de palissades. Elle est d’ailleurs invoquée sous le vocable de « Hortus conclusus », jardin clos !
C’est le Cantique des cantiques (Ct 4,12) qui est à l’origine de cette étonnante expression pour la Vierge Marie :« Un jardin bien clos, ma sœur, ô fiancée ; un jardin bien clos, une source scellée. »
Ce jardin clos illustre la fécondité du printemps – un peu comme la fécondité du ventre de la Vierge qui a donné naissance à Jésus-Christ – ainsi que sa nature intacte, illustrée par la clôture.
Les visiteurs indésirables ne sont pas autorisés ici, le jardin n’est une oasis que pour notre Seigneur. Le jardin de son âme n’a jamais été souillé par le serpent, dont elle écrase la tête.
St Jean de la Croix dans son Cantique spirituel développe ce thème :
 
Elle s’est introduite l’épouse
en l’agréable jardin désiré
et à son aise elle repose
le cou penché
sur les doux bras de l’aimé.
Ce fut à l’ombre du pommier,
Que je te pris pour mon Épouse,
Et pour te tirer du fumier,
Je te donnais ma main jalouse
De réparer là ton bonheur,
Où tomba ta mère en malheur.
 
C’est le confinement, une certaine rupture d’avec le monde, qui a permis à Marie de vivre cette proximité avec le Désiré des nations pour devenir la nouvelle Ève et donner au monde l’Emmanuel.
Dans cette mise à l’écart volontaire Marie nous enseigne l’écoute, l’accueil aimant, l’obéissance à l’égard de la Parole de Dieu, elle nous apprend aussi à répondre « oui » de tout notre être à la volonté de Dieu.
Marie, et elle seule, a été la Mère de Dieu dans sa chair : c’est là son rôle unique dans l’histoire du salut.
Mais nous sommes tous appelés, aujourd’hui, à accueillir et à enfanter le Verbe dans notre cœur pour le porter au monde : « Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. » (Mc 3, 35).
Après le temps du confinement viendra celui de la Visitation et de la Nativité, puissions-nous profiter de cette période pour accueillir et laisser grandir en nous le Verbe de Dieu, à l’imitation de Notre-Dame de l’Annonciation.