Matin de Pâques

par 4 Avr 2021Homélies, Pâques, Semaine Sainte

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Ils sont finis, les jours de la Passion. La lumière du Christ Ressuscité se lève, lumière d’une vie indestructible. Vous cherchez Jésus, le Crucifié ? Il est ressuscité, il n’est pas ici. Nous pouvons contempler le lieu où il a été déposé, mais lui, il nous précède. Il est devant nous – le soleil éternel qui se lève, qui nous tire des ténèbres, qui nous rend participants de sa nature divine.

La vie que nous avons reçu en héritage de nos parents est marquée par la mort. Les fils d’Ève, les filles d’Adam naissent pour mourir. Mais Dieu n’accepte pas cette fatalité. Il nous a faits pour vivre. Il nous a créés pour lui. En chacun de nous il a déposé un désir de vie impérissable. Dieu n’a pas failli dans l’accomplissement de son dessein. Malgré nos infidélités, nos retours en arrière, nos replis sur nous-mêmes, il nous libère, nous instruit, nous élève, nous prépare à accueillir sa Rédemption. Une longue histoire que nous venons de revivre dans ces lectures dit la fidélité de Dieu. Nous le fuyons, il vient à notre recherche. Nous nous cachons de lui, il clame, infatigable, “Adam, où es-tu ?” Il va nous chercher jusqu’à dans notre mort, pour nous donner sa vie.

Baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été  plongés. C’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père est ressuscité d’entre les morts. La résurrection de Jésus est le commencement de notre vie nouvelle, elle est la création d’un monde nouveau. Cette lumière qui se lève ne connaitra plus de couchant. En chacun de nous est déposé une flamme de la vie divine qui grandira, à travers les épreuves de notre histoire, jusqu’à l’épanouissement dans son Royaume.

Nous sommes entrés dans cette église sombre en portant dans nos mains les cierges allumés au feu pascal, signe de notre union à Jésus Ressuscité. Voilà l’icône de l’Église : le peuple qui avance dans les grandes ténèbres, mais qui porte la lumière de Dieu. Et maintenant si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, dans la résurrection semblable à a sienne. Ils sont finis, les jours de la Passion, il nous faut maintenant vivre dans la lumière du Ressuscité. Il nous faut laisser derrière nous tout ce qui nous alourdit et nous avilit . Il nous faut abandonner ce petit moi haïssable qui nous plonge dans des choses sans importance et sans lendemain. Il nous faut lever les yeux vers cette grande lumière qui se lève et qui est notre vraie demeure.

Celui qui croit est passé de la mort à la vie. Il ne juge pas selon les intérêts mesquins ou les apparences creuses, il voit les choses dans la lumière de Dieu: nobles, belles, paisibles. Celui qui espère est passé de la mort à la vie. Son regard est rivé sur ce qui demeure: ce Dieu qui nous sauve; puissant et miséricordieux. Celui qui aime est passé de la mort à la vie. Chaque acte qu’il pose a le poids d’éternité. Ce qu’il fait demeure, s’épanouit, porte du fruit.

Ils sont finis les jours de la Passion. Une lumière neuve se lève, elle ne connaitra pas de couchant. Il y aura encore des luttes. Bien sûr, mais vécue avec le Seigneur. Il y aura encore des chutes. Oui, mais l’amour de Dieu est plus fort. Il y aura encore des épreuves, des angoisses, des incertitudes. Sans aucun doute. Mais il a emporté la victoire, Jésus, le lion de la tribu de Juda. Tout ce qu’il y a de lourd, de douloureux, de ténébreux peut désormais être vécu dans la splendeur de cette lumière qui se lève. Ils sont finis, les jours de la Passion ; suivons désormais les pas du Ressuscité. Il nous précède. Il nous attend. Il est notre vie. Nous sommes son peuple.